Périgueux : Un « rideau » et une « scie artisanale » utilisés par les deux évadés de prison

ENQUETE Les deux individus sont toujours en cavale et recherchés par la police

20 Minutes avec AFP

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Une prison (illustration)
Une prison (illustration) — KONRAD K./SIPA
  • Deux détenus à la maison d’arrêt de Périgueux se sont évadés samedi.
  • Ils ont bricolé une scie artisanale et escaladé de grands murs d’enceinte à la barbe des gardiens.
  • Ils sont toujours en cavale.

Ils sont toujours en cavale après une évasion spectaculaire. Une information judiciaire pour « faits d’ évasion par effraction » a été ouverte après l’évasion samedi, avec une « scie artisanale » et un « rideau », de deux détenus moldaves de la maison d’arrêt de Périgueux, a indiqué lundi la procureure de Périgueux.

Les deux hommes de 25 et 33 ans, toujours en fuite, ont agi vers 4 heures samedi, a expliqué Solène Belaouar, lors d’une conférence de presse, « ils ont scié les barreaux de leur cellule commune, située au deuxième et dernier étage, avec une scie artisanale constituée d’un morceau de manche à balai dans lequel a été insérée une lame ».

Ils « n’avaient jusqu’alors pas posé de difficulté particulière en détention »

Les deux détenus ont « cheminé par les toits jusqu’à la cour d’honneur », ont pu accéder au bâtiment abritant l’entrée et aux vestiaires du personnel au second étage, dans des circonstances encore floues, d’après la procureure. De là, ils ont de nouveau scié un barreau, utilisant un rideau trouvé sur place pour se glisser dans la rue quatre ou cinq mètres plus bas. « Une scie artisanale a été retrouvée à cet endroit », a ajouté Solène Belaouar.

Les deux hommes qui ne se connaissaient pas avant d’être incarcérés à Périgueux, sont soupçonnés d’appartenir au milieu de la criminalité organisée. Un temps en charge du ménage et de la distribution des repas dans la prison, ils « n’avaient jusqu’alors pas posé de difficulté particulière en détention ni alerté l’administration pénitentiaire sur un possible risque d’évasion », a ajouté la procureure.

Des vêtements sous les couvertures ont trompé les surveillants

L’évasion a été constatée à 7 heures samedi lors de la relève du personnel surveillant. Le contrôle de 5h30, qui s’effectue par l’œilleton de la porte de cellule, n’a pas permis de détecter leur absence car les fugitifs avaient placé « des vêtements sous les couvertures dans les lits pour simuler la présence de corps » et « un rideau placé sur la fenêtre masquait les barreaux sciés ».

Les deux Moldaves étaient écroués pour vol en bande organisée et association de malfaiteurs dans des affaires distinctes, l’une instruite à Limoges pour le fugitif de 25 ans, incarcéré depuis un an, et l’autre à Bordeaux pour celui de 33 ans, en prison depuis six mois. Ils n’étaient « pas connus des autorités françaises pour des faits de violences ou de crime de sang ».

Selon l’administration pénitentiaire, la maison d’arrêt de Périgueux comptait au 1er février 124 personnes écrouées pour une capacité opérationnelle de 99 places.