Mayotte : Violences urbaines pour protester contre la destruction d’habitats illégaux

INCIDENTS La mairie veut détruire un bidonville installé dans une zone instable

20 Minutes avec AFP

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Des affrontements ont éclaté entre des habitants de la commune et des forces de l'ordre, le 26 février 2021.
Des affrontements ont éclaté entre des habitants de la commune et des forces de l'ordre, le 26 février 2021. — Ali AL-DAHER / AFP

Des affrontements ont éclaté entre la gendarmerie de Mayotte et des habitants de la commune de Koungou, vendredi, opposés à la destruction d'un bidonville installé dans une zone instable, ont indiqué la mairie et la gendarmerie, ce samedi.

Les incidents, qui ont mobilisé 75 gendarmes, se sont poursuivis dans la nuit, mais le calme était revenu, ce samedi matin, ont précisé les autorités.

Des maisons pillées et des automobilistes rackettés

Des jeunes ont érigé des barrages en incendiant des poubelles et des objets encombrants dans les rues, rackettant les automobilistes. Certaines maisons des lotissements proches de la mairie ont été pillées, selon la gendarmerie, qui a ajouté avoir arrêté l’un des voleurs.

« Les gendarmes sont intervenus et ont tiré une trentaine de grenades lacrymogènes pour les disperser. Mais à chaque fois que les gendarmes partaient après avoir calmé la zone, d’autres assaillants revenaient pour les défier », a expliqué la gendarmerie. Ces violences ont débuté à la suite d’une vague d’interpellations par les gendarmes dans le quartier informel dit de la Jamaïque, selon la mairie et la gendarmerie.

Des logements sans eau ni électricité

La mairie de Koungou prépare l’évacuation d’une parcelle à la demande de son propriétaire, une société de négoces, où sont installées illégalement 200 cases en tôle, construites sur de fortes pentes, qui n’ont ni eau courante ni électricité et dont la majorité des habitants seraient des personnes en situation irrégulière. Selon l’enquête sociale effectuée avec les services de la mairie, beaucoup de jeunes délinquants y vivraient. « Ils nous ont menacés », a affirmé un agent municipal sous couvert d’anonymat.

Alors que la saison des pluies bat son plein à Mayotte, la mairie veut éviter que se reproduise dans ce quartier un accident comme celui qui avait coûté la vie, en janvier 2018, à une mère de famille et ses quatre enfants, dont la case en tôle avait été emportée par un glissement de terrain. En 2020, les forces de l’ordre ont procédé à la destruction de 161 cases construites illégalement, sur ordre de la préfecture de Mayotte.