Caen : L’homme qui a tué un chien reconnu irresponsable à cause de son traitement contre Parkinson

PROCES L’homme a cependant été reconnu coupable et devra verser 200 euros à chaque association parties civiles

20 Minutes avec AFP

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Un palais de justice. (illustration)
Un palais de justice. (illustration) — SEBASTIEN BOZON / AFP

Un ingénieur qui avait tué un chien de la SPA en 2017 près de Caen, alors qu’il souffrait d’effets secondaires après avoir pris des médicaments contre la maladie de Parkinson, a été reconnu coupable avec une altération du contrôle de ses actes, a annoncé ce lundi son avocate.

« Il a été reconnu coupable et condamné à une amende de 500 euros par le tribunal correctionnel de Caen, mais le jugement a reconnu l’altération de son discernement et/ou du contrôle de ses actes », a indiqué à l’AFP Me Dominique Mari, qui a fait part de sa « satisfaction et de son soulagement ». L’homme devra également indemniser les associations parties civiles à hauteur de 200 euros chacune.

Coup de tournevis et cruauté envers les chats

« Enfin la justice reconnaît les troubles du contrôle des impulsions provoqués sur certains malades de Parkinson par les médicaments prescrits, avec des conséquences parfois très graves pour certains qui comparaissent au pénal », a ajouté Me Mari. Le ministère public avait requis un an de prison avec sursis pour ce père de quatre enfants de 53 ans.

Le 1er avril 2017, l’homme, qui était alors le numéro deux de l’usine Renault Trucks de Blainville-sur-Orne (1.200 salariés), a donné un violent coup de tournevis à un chien qui aboyait de la SPA de Verson, près de Caen, où il s’était rendu avec son épouse et sa fille. Le prévenu avait été condamné en juin et en juillet 2018 pour actes de cruauté envers des chats qu’il commettait la nuit. Il avait alors changé de traitement fin juin 2018.

L'« enfer » vécu par la famille

Son médecin faisait le point tous les trois mois avec lui, lui demandant s’il avait des effets secondaires comme l’hypersexualité ou l’addiction aux jeux mais pas s’il avait des pulsions contre les animaux, avait expliqué le prévenu à l’audience mi-décembre, reconnaissant avoir porté le coup mortel au chien mais affirmant ne pas avoir eu l’intention de le tuer. Plusieurs expertises ont montré que l’homme avait souffert d’avril 2017 à juin 2018 des effets secondaires de médicaments contre Parkinson, le Requip et le Neupro.

A la barre, l’épouse du prévenu avait décrit « l’enfer » vécu depuis la médiatisation de l’affaire des chats, les menaces reçues à leur domicile et sur son propre lieu de travail, « l’acharnement » sur les réseaux sociaux contre son mari, le déménagement de la famille, le licenciement de son époux pour faute grave. « On est vraiment face à un drame sanitaire », avait estimé l’avocate de la Défense, Dominique Mari, plaidant la relaxe.