Disparition dans le Tarn : La messagerie de Delphine Jubillar à nouveau activée temporairement

ENQUETE La disparition de cette mère de famille du Tarn depuis près de deux mois demeure un mystère

Béatrice Colin

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Delphine Jubillar a disparu dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 de son domicile à Cagnac-les-Mines, dans le Tarn
Delphine Jubillar a disparu dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 de son domicile à Cagnac-les-Mines, dans le Tarn — Gendarmerie du Tarn
  • Une nouvelle connexion sur la messagerie de Delphine Jubillar, cette infirmière de 33 ans disparue à Cagnac-les-Mines dans la nuit du 15 au 16 décembre, a été activée mardi soir.
  • Pour l’avocat des amis et cousins de Delphine Jubillar, qui se sont portés parties civiles, cette connexion serait « une erreur technique » dans le cadre de l’enquête.
  • Aucune des pistes exploitées pour l’instant ne semblent aboutir.

A chaque jour, un nouveau rebondissement dans l’affaire de la disparition de Delphine Jubillar. Sans que pour autant une piste solide apparaisse pour retrouver la trace de cette mère de famille de 33 ans, dont les proches sont sans nouvelle depuis la nuit du 15 au 16 décembre, lorsqu’elle a quitté le domicile conjugal de Cagnac-les-Mines, dans le Tarn, pour aller promener ses chiens. Hier soir, le téléphone de l’infirmière se serait activé selon une information d'Actu.fr.

Aussitôt, des proches auraient tenté de la contacter, comme la dernière fois lorsque son compte Facebook s’est activé et un post vide a été mis en ligne avant d’être supprimé. « Le téléphone de Delphine Jubillar s’est réactivé dans la soirée du 9 février. Les investigations sont entreprises sur cette activation sous l’autorité des juges d’instruction co-saisis », confirme Alix-Marie Cabot-Chaumeton, procureur de la République adjoint de Toulouse.

De quoi susciter des espoirs. Mais comme en janvier dernier, ces derniers pourraient être vains. Il pourrait s’agir d’une activation à distance par un tiers, voire un hacker. Ou par la personne qui détient le téléphone de Delphine Jubillar qui n’a pas été retrouvé lors de la battue géante menée pour retrouver la jeune femme en décembre dernier.

« C’est la messagerie Messenger de son compte Facebook qui a été réactivée, c’est une erreur technique des services d’enquête, un bug. On sait très bien que le compte Facebook de Delphine Jubillar a été hacké par les services d’enquête et que si le compte Facebook bouge, c’est le service d’enquête », avance de son côté Philippe Pressecq, l’avocat de cousins et amis de Delphine Jubillar qui se sont portés parties civiles.

« Rien de concret »

Pour ce dernier, « avec tous les moyens mis en œuvre en effet, rien n’est vraiment concret, on est arrivé à rien. Toutes les pistes sont exploitées, des tas de gens ont été entendus ». En attendant, les proches de la jeune femme sont dans l’attente d’une avancée de l’enquête. « Ils sont un petit peu dans un état d’esprit qui oscille entre la lassitude et la volonté de continuer à résister aux intoxications, à croire au retour de Delphine saine et sauve », poursuit leur avocat.

De l’homme jugé pressant envers l’infirmière à son confident épistolaire, en passant par son mari ou le domicile conjugal, tout a été épluché par les enquêteurs. Et aucun nouvel élément ne semble apporter une réponse à la disparition de Delphine Jubillar, dont la trace s’évanouit à 200 mètres de chez elle.

Sur les réseaux sociaux, les avis pullulent et les accusations sont parfois portées à l’encontre de certains acteurs de cette affaire, notamment du mari de la disparue. « Si jamais Cédric Jubillar avait l’ombre d’une tête de suspect, cela fait longtemps qu’il aurait été placé en garde à vue, ce qui n’est pas le cas. Je suis un partisan de la présomption d’innocence. Tous ces gens qui se comportent de manière outrancière sur les réseaux sociaux devraient être poursuivis et sanctionnés, c’est inadmissible de voir ces gens se déverser souvent sous le couvert de l’anonymat », conclut Philippe Pressecq.