Nice : Une retraitée se fait passer pour une victime après avoir agressé le gérant d’un snack

FAUX TEMOIGNAGE La photo du visage tuméfié de la septuagénaire a été très partagée sur les réseaux sociaux avec un récit depuis corrigé

Fabien Binacchi

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Un brassard de police (illustration)
Un brassard de police (illustration) — THOMAS COEX / AFP

Une retraitée tabassée pour avoir pris en photo un snack qui ne respectait pas le couvre-feu ?  L’image de son visage tuméfié a fait le tour des réseaux sociaux ces derniers jours, partagée plusieurs dizaines de milliers de fois. Mais le récit de la soi-disant victime, diffusé par sa petite fille, a finalement volé en éclat à la lumière de l’enquête de police. C’est la vieille dame, en état d’ébriété, qui a en fait agressé le restaurateur dans son bon droit avec les plats qu’il proposait en livraison.

Samedi, les policiers du commissariat de Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes) reçoivent la visite d’une femme de 75 ans, bien décidée à déposer plainte contre un commerçant de la commune voisine de Saint-Laurent-du-Var (près de Nice). Elle l’accuse de l’avoir violemment frappé le jeudi 21 janvier après 18 h « alors qu’elle prenait des photos de son établissement, ouvert, selon ses dires, malgré le couvre-feu », a rapporté la police, dont les investigations ont laissé apparaître une tout autre version des faits.

Entièrement dénudée sous un peignoir

Le mis en cause, qui n’avait rien à se reprocher puisque son restaurant fonctionnait grâce au service de livraison Uber eats, a expliqué que la septuagénaire, ancienne fonctionnaire de la police nationale, s’est présentée sans masque, « fortement alcoolisée » et « entièrement dénudée sous un peignoir ». Selon les déclarations du gérant du snack, corroborées par une enquête de voisinage, elle a commencé à prendre des photos, s’est mise à « cracher copieusement » sur le restaurateur et son épouse avant de se déchaîner.

Après avoir envoyé son pied dans l’entrejambe du commerçant, elle s’est dirigée vers la vitrine de l’établissement pour y asséner quelques coups de poing et de tête, « s’occasionnant par là même, les blessures » telles que vues sur son propre visage.

Assez d’éléments pour permettre au parquet de Grasse de classer sans suite cette affaire, a confirmé à 20 Minutes la procureure Fabienne Atzori.