Projet d'« action violente » contre Macron : Deux nouvelles mises en examen

ENQUETE Les « Barjols », un groupe proche de l’extrême droite identitaire, sont soupçonnéq d’avoir envisagé une action violente contre Emmanuel Macron en 2018

20 Minutes avec AFP

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Emmanuel Macron lors des cérémonies de commémoration du centaine de l'armistice de 1918. (archives)
Emmanuel Macron lors des cérémonies de commémoration du centaine de l'armistice de 1918. (archives) — Ludovic MARIN / POOL / AFP

Deux nouveaux suspects ont été mis en examen vendredi à Paris dans l’enquête sur les « Barjols », un groupe proche de l’extrême droite identitaire soupçonné d’avoir envisagé une action violente contre Emmanuel Macron en 2018, a-t-on appris auprès du parquet antiterroriste. Ces deux personnes ont été mises en examen pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste criminelle », et laissées libres sous contrôle judiciaire, conformément aux réquisitions du Parquet national antiterroriste (Pnat), a précisé ce dernier.

Les suspects, ainsi que deux autres personnes relâchées sans poursuite à ce stade, avaient été interpellés mercredi en Haute-Saône, en Meurthe-et-Moselle et dans le Morbihan par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), à la demande du juge antiterroriste chargé de l’enquête. « Au moins un d’entre eux est ancré dans la mouvance d’ultradroite, voire nazie », a expliqué jeudi une source proche de l’enquête. « Pas mal d’armes […], certaines détenues légalement, d’autres a priori pas » ont également été retrouvées lors de ces interpellations, avait ajouté cette source.

Onze personnes mises en examen dans cette affaire

Au total, au moins 11 personnes sont désormais mises en examen dans ce dossier. L’information judiciaire avait été ouverte peu après l’arrestation le 6 novembre 2018 de six sympathisants de l’extrême droite radicale, en contact pour la plupart via une page Facebook identitaire intitulée « Les Barjols ». Les enquêteurs s’étaient décidés à intervenir après avoir appris qu’un des administrateurs du groupe, Jean-Pierre Bouyer, un retraité isérois, s’était déplacé dans l’est de la France où Emmanuel Macron se trouvait pour son périple mémoriel sur le centenaire de la fin de la Grande Guerre.

Dans une conversation interceptée par les policiers, ce retraité avait évoqué l’idée de s’en prendre au chef de l’Etat avec un couteau en céramique, non détectable aux contrôles de sécurité. « Il semble que le président de la République était pour eux une cible potentielle, même si le projet n’était pas abouti », avait indiqué en 2018 Laurent Nuñez, alors secrétaire d’État à l’Intérieur. « C’est un dossier d’opportunité gonflé par les services » qui « ont surinterprété des propos incendiaires de gens révoltés mais qui n’avaient aucune réelle intention de projeter un attentat contre le président », avait déclaré début octobre un avocat de la défense.