Des lingots d’or transitaient à l’aéroport de Roissy, quatre suspects interpellés

ENQUETE Une enquête a été ouverte contre quatre hommes, âgés de 39 à 48 ans

20 Minutes avec AFP

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L'aéroport de Roissy -Charles de Gaulle.
L'aéroport de Roissy -Charles de Gaulle. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Soupçonnés de se livrer à un trafic d'or, qu’ils fondaient illégalement et exportaient sous forme de lingots à l’étranger via l'aéroport Paris-Charles de Gaulle, quatre hommes ont été interpellés et placés sous contrôle judiciaire, a annoncé le parquet de Bobigny, ce vendredi.

Le parquet a ouvert une enquête préliminaire contre les quatre hommes, âgés de 39 à 48 ans, pour exportation en contrebande et en bande organisée de marchandises prohibées, blanchiment aggravé, participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un délit puni de dix ans d’emprisonnement et exécution de travail dissimulé.

Des ateliers clandestins

Tous placés sous contrôle judiciaire, ils sont convoqués en juin pour être jugés devant le tribunal correctionnel, a précisé cette source. Trois d’entre eux n’ont aucun antécédent judiciaire. De longs mois ont été nécessaires aux enquêteurs de la police aux frontières de Roissy pour remonter cette organisation, à la suite d’une première alerte des douanes de l’aéroport en juillet 2020.

Muni d’un lingot d’un kilo d’une valeur de plus de 53.000 euros qui lui avait été remis « dans l’enceinte de l’aéroport », un voyageur s’apprêtait alors à prendre un vol commercial à destination de Dubaï, selon le parquet. L’enquête a permis de découvrir des ateliers clandestins et de saisir des bijoux, du matériel d’orfèvrerie et environ 72.000 euros en espèces.

Un deuxième fondeur d’or arrêté

« C’est une bande qui récupère des objets volés et les fond de manière artisanale. Ils avaient un laminoir pour écraser les chaînes et faire du fil, des creusets en carbone pour mettre tout ça dans un four à 1.000 degrés, et des moules. Mais ce n’était pas un or de super qualité », a souligné une source policière.

D’après les premiers éléments de l’enquête, un atelier clandestin niché dans une boutique du 18e arrondissement de Paris servait de fonderie. Le commanditaire était chargé des exportations, le gérant de la boutique de la mise en relation des clients avec l’orfèvre non déclaré, et ce dernier de la transformation de l’or et sa revente. Un deuxième fondeur d’or, qui officiait dans un atelier clandestin au sein d’un garage à Pierrefitte-sur-Seine (Seine-Saint-Denis) a également été arrêté, mais n’avait aucun lien avec le commanditaire présumé.