Affaire Grégory : Jean-Marie Villemin espère la vérité « dans un avenir pas trop éloigné »

ENQUETE Le père du petit Grégory a témoigné dans un livre écrit par son avocat, Thierry Moser

L.Br. avec AFP

— 

Jean-Marie Villemin, le 20 octobre 1989 à Dijon.
Jean-Marie Villemin, le 20 octobre 1989 à Dijon. — GOYHENEX JEAN-MARIE/SIPA

Trente-sept ans après le décès de son fils Grégory, retrouvé mort le 16 octobre 1984 dans la Vologne, Jean-Marie Villemin s’exprime dans un livre publié par son avocat, paru le 12 janvier. Et ce, après 15 ans de silence.

Dans le livre Parole d’avocat (éd. La Valette, 2021), Thierry Moser laisse la parole à Jean-Marie Villemin dans la postface. Celui-ci qualifie l’avocat, qui est à ses côtés depuis 1985 de « grand frère ». Il revient sur l’assassinat de son cousin Bernard Laroche, qu’il a tué d’un coup de fusil en 1985, persuadé de sa culpabilité. « J’ai été voir Bernard Laroche pour qu’il avoue et je l’ai tué dans un moment d’aberration et de total désespoir », révèle-t-il.

« Une juste solution »

A la suite de ce meurtre, il est condamné à cinq ans d’emprisonnement, dont un avec sursis. Il est libéré quelques jours après, ayant purgé l’essentiel de sa peine en détention provisoire, de mars 1985 à décembre 1987. En 2017, quand les époux Jacob et Murielle Bolle sont mis en examen, Jean-Marie Villemin y voit « un rebondissement, qui nous fait espérer l’élucidation du crime dont notre enfant est la malheureuse victime », écrit-il. Un an plus tard, les trois mises en examen sont annulées pour des raisons de procédure.

L’époux de Christine Villemin dit espérer, aujourd’hui encore, obtenir justice. « Nous espérons, Christine et moi, que nous pourrons enfin aboutir, dans un avenir pas trop éloigné, à une juste solution. Il le faut par respect pour la mémoire de Grégory », écrit-il alors que de nouvelles demandes d’expertises ADN ont été formulées, quelques semaines après l’audition de plusieurs témoins. Les précédentes expertises génétiques n’avaient rien donné.

Des auditions ont récemment eu lieu

Les nouvelles demandes portent cette fois sur « une recherche d’ADN de parentèle » et sur la possibilité, à partir de matériel génétique, de dresser le « portrait robot » d’une personne, avait indiqué à l’AFP une source proche du dossier. La chambre de l’instruction devrait rendre sa décision « fin janvier », selon le procureur général de Dijon, Thierry Pocquet du Haut-Jussé.

« Des auditions » ont également eu lieu dernièrement, selon le magistrat qui avait par ailleurs confirmé l’existence, dévoilée par Le Parisien/Aujourd’hui en France, d’un rapport de stylométrie incriminant une personne, mais pas encore versé au dossier.