Seine-Saint-Denis : Une salle de jeux clandestine découverte par la police judiciaire

ENQUETE Cinq personnes, soupçonnées d’avoir ouvert une salle de jeu clandestine, ont été interpellées et placées en garde à vue samedi

Thibaut Chevillard

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Illustration poker
Illustration poker — SIERAKOWSKI/ISOPIX/SIPA

Tous les jours, des dizaines de joueurs s’asseyaient autour de l’une des quatre tables installées dans ce bar et se lançaient dans des parties de rami-poker ou de bataille endiablées. Les policiers spécialisés de la direction centrale de la police judiciaire ont interpellé et placé en garde à vue, samedi 12 décembre, cinq personnes soupçonnées d’avoir ouvert une salle de jeux clandestine à Stains, en Seine-Saint-Denis, apprend 20 Minutes de source proche du dossier.

En octobre dernier, les enquêteurs du service central des courses et jeux apprennent par un tuyau l’existence de cette salle installée dans bar situé une artère passante de Stains. Ils ont alors discrètement surveillé cet établissement et observé qu’il accueillait des joueurs tous les jours, en particulier le week-end. Samedi 12 décembre, avec l’appui de fonctionnaires de la Dspap (direction de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne de la préfecture de police), ils ont perquisitionné les lieux. A l’intérieur se trouvaient une cinquantaine de personnes.

Driot à jouer

La règle était simple : chaque joueur devait verser aux organisateurs de l’argent toutes les heures pour continuer la partie. « Ce n’est pas une somme importante mais multipliée par le nombre de joueurs, de tables et d’heures, ça commençait à faire », confie une source policière, soulignant qu’il est difficile de connaître précisément le montant des sommes engrangées par les organisateurs. « Il n’y a pas de cahier de comptabilité, de caisse… »

Lors de la perquisition, les policiers ont saisi des jeux de cartes, une machine à sous et environ 10.000 euros en liquide. Cinq personnes, soupçonnées de faire partie de l’organisation, ont été interpellées et placées en garde à vue. « La plupart d’entre elles sont déjà connus des services de police, ce sont des gens qui vivaient principalement de cette activité », poursuit notre source. Les cinq suspects ont été présentés lundi à un juge d’instruction, qui les a mis en examen.

Un autre service spécialisé, la brigade de répression du banditisme de la police judiciaire parisienne, a également mis à jour deux maisons de jeux clandestines récemment. « Cela montre qu’il y a de la place pour tout le monde et que cette activité est rentable », analyse une source proche du dossier.