Bordeaux : Les adolescents interpellés après des inscriptions menaçantes voulaient « faire fermer leurs collèges »

ENQUETE Les quatre mineurs ont été mis en examen pour « dégradations aggravées, menaces de mort, apologie du terrorisme »

Mickaël Bosredon

— 

Illustration de la police.
Illustration de la police. — Clément Follain / 20 Minutes
  • Quatre mineurs âgés de 13 à 14 ans ont été placés en garde à vue jeudi, dans l’enquête sur des inscriptions menaçantes retrouvées sur deux collèges du Bouscat, près de Bordeaux.
  • Ce vendredi, ils ont expliqué qu'ils espéraient que ces tags provoqueraient la fermeture de leurs établissements.
  • Sans antécédent judiciaire, et sans signe de radicalisation, ils ont été mis en examen ce vendredi.

Ils ont créé une véritable psychose chez les parents d’élèves, et mobilisé plusieurs enquêteurs, parce qu’ils voulaient faire fermer leurs collèges. Suite aux inscriptions menaçantes découvertes sur les collèges Sainte-Anne et Jean-Moulin au Bouscat, dans la banlieue de Bordeaux, entre le 10 et le 16 novembre derniers, quatre mineurs âgés de 13 à 14 ans ont été interpellés et placés en garde à vue jeudi.

Le parquet de Bordeaux indique ce vendredi que « l’un des gardés à vue a reconnu avoir tagué à l’aide d’une bombe de peinture rouge le mur du collège Sainte-Anne, établissement où il est scolarisé, dans la nuit du 10 novembre vers 2 heures. » Il a expliqué « qu’en raison de la psychose qui régnait à ce moment sur la commune du Bouscat, suite à des rumeurs de comportements curieux rapportés par des témoins, il espérait que le tag provoquerait la fermeture de son collège. » Il était notamment écrit « Vous êtes tous morts ».

Des inscriptions « vous êtes morts, Samuel Paty, JRIL, ALLAH AKBAR » retrouvées

Il a indiqué « avoir parlé de son geste à trois de ses amis, scolarisés quant à eux au collège Jean Moulin. » Ces derniers auraient alors décidé « de revenir tous les quatre dans la nuit du 14 au 15 novembre sur les lieux et ont de nouveau tagué l’établissement. » Puis les quatre garçons ont décidé de faire « la même chose au sein du collège Jean Moulin. Ils ont ainsi pénétré dans l’enceinte de l’établissement en escaladant le portail et en ont tagué l’enceinte. » Eux aussi voulaient faire fermer leur collège. Des inscriptions avec « vous êtes morts, Samuel Paty, JRIL, ALLAH AKBAR » étaient alors retrouvées.

Le procureur de la République de Bordeaux, Frédérique Porterie, indique que ces mineurs, « sans antécédent et sans signe de radicalisation, ont été déférés ce vendredi au parquet pour être présentés devant le juge des enfants afin d’être mis en examen des chefs de dégradations aggravées (en réunion/sur bien d’utilité publique), menaces de mort, apologie du terrorisme. » Le parquet a demandé leur placement sous liberté surveillée.