Marne : La responsabilité de la conductrice examinée après la collision mortelle entre un train et une voiture

ACCIDENT Sa famille pointe du doigt les défaillances du passage à niveau

20 Minutes avec AFP

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Le passage à niveau d'Avenay-Val-d'Or, le 15 juillet 2019.
Le passage à niveau d'Avenay-Val-d'Or, le 15 juillet 2019. — FRANCOIS NASCIMBENI / AFP

En juillet 2019, une collision entre un train et une voiture avait fait quatre morts, parmi lesquels trois enfants,  à Avenay-Val-d’Or (Marne). Un rapport du Bureau d’enquêtes sur les accidents de transports terrestres pointe la responsabilité de la conductrice du véhicule.

« La cause directe de l’accident est le non-arrêt du véhicule léger au passage à niveau fermé. La présence dans l’organisme de la conductrice d’un médicament en dose toxique a très vraisemblablement joué un rôle dans la survenance de l’accident en altérant ses facultés de conduite », conclut le rapport d’enquête mis en ligne le 9 novembre sur le site Internet du BEA-TT et révélé par le journal l’Union.

Une enquête toujours en cours

« Les expertises réalisées sur le véhicule léger, sur le train et sur les équipements du passage à niveau n’ont révélé aucun indice pouvant conduire à considérer qu’un problème technique ait pu être la cause ou un facteur de la survenance de cet accident », appuie le BEA-TT. « Ce rapport fait partie d’autres éléments du dossier. L’enquête ouverte pour homicide involontaire contre X est toujours en cours », a tempéré le procureur de Reims Matthieu Bourrette. « J’attends encore quelques expertises. J’espère pouvoir les obtenir dans les meilleurs délais pour terminer rapidement l’enquête », a-t-il ajouté.

« C’est brutal de trouver ce rapport en ligne sans que les parents ne soient avertis, comme c’est l’usage », s’est indigné pour sa part Me Gérard Chemla, l’avocat de deux des trois familles de victimes.

Le passage à niveau pointé du doigt

La famille de la conductrice, elle, continue de rejeter la responsabilité de ce drame sur des dysfonctionnements du passage à niveau. Il dit d’ailleurs attendre le résultat « des investigations supplémentaires en cours », évoquées également par le parquet. « Et le conducteur de l’enjambeur qui s’est retrouvé entre deux barrières le 15 juillet 2020, il était sous psychotrope ? », lance encore l’avocat rémois à l’AFP. Un an pile après le drame, un tracteur viticole s’était en effet retrouvé coincé à quelques centimètres de la voie avec la barrière sur l’habitacle alors qu’un train arrivait.

L’accident du 15 juillet 2019 entre un Train Express Régional effectuant la liaison Epernay-Reims et une voiture avait fait quatre morts : la conductrice de la voiture, une assistante maternelle de 37 ans, sa fille de 10 ans et deux enfants de 3 ans et 10 mois qu’elle transportait. Quatre de la vingtaine de voyageurs du TER avaient été légèrement blessés dans la collision.