Mort d’Elisa Pilarski : Le maître de Curtis jugé « indécent » et « affabulateur » après sa conférence de presse

ENQUETE Les avocats des chasseurs et de la famille d’Elisa Pilarski réagissent aux arguments utilisés par Christophe Ellul pour défendre son chien Curtis

Mikaël Libert

— 

La forêt de Retz où Elisa Pilarski a été tuée.
La forêt de Retz où Elisa Pilarski a été tuée. — Google Maps
  • Les expertises tendent à démontrer que le chien Curtis est seul responsable de la mort d’Elisa Pilarski.
  • L’ancien compagnon de la victime et propriétaire de Curits affirme pour sa part que son chien est innocent.
  • Ses propos ont été dénoncés par l’avocate de la famille d’Elisa et par celui de la société de chasse à courre.

Il y a un an, Elisa Pilarski est morte dans une forêt de l’Aisne après avoir été attaquée par un chien. Les résultats des expertises ADN, reçus la semaine dernière, tendent désormais à désigner le chien du compagnon de la victime, Curtis, comme seul responsable de sa mort. Des faits que son propriétaire ne peut admettre, assurant que « Curtis est innocent ». Mais les arguments avancés par l’homme ne passent pas du tout du côté de la famille d’Elisa Pilarski comme du côté de la société de vénerie dont les chiens avaient été mis en cause.

« Curtis est innocent. Il n’aurait jamais tué Elisa », a martelé Christophe Ellul lors d’une visio conférence de presse en présence de son avocat, mardi. Il a notamment remis en cause les analyses ADN et le rapport des vétérinaires mandatés par la justice pour étudier le comportement de son chien. Christophe Ellul a aussi insisté sur la responsabilité de la meute de chasse à courre de la société de vénerie présente dans les bois le jour du drame. « C’est dans le dossier. Il manque cinq chiens qui ont disparu […], les cinq chiens sont morts et ont été enterrés dans la forêt, mais il n’y a pas de certificat de décès », a affirmé le compagnon d’Elisa Pilarski.

« C’est insupportable cette conférence de presse »

Guillaume Demarcq, l’avocat de la société de vénerie, a qualifié cette affirmation d'« affabulation » auprès de nos confrères de France 3. L’avocat s’est aussi étonné que Christophe Ellul remette en cause les expertises comportementales, puisqu’il « y a participé, lui et son avocat », déclare maître Demarcq, ajoutant que la société de vénerie se réservait le droit de déposer une plainte en diffamation.

La famille d’Elisa Pilarski a aussi crié son indignation par la voix de son avocate. Elle qualifie d'« insupportable » et d'« indécente » une « conférence de presse organisée pour réécrire l’histoire. » « La première réaction est de dire que c’est affreux. En donnant des détails absolument sordides qui sont livrés en pâture, c’est terrifiant », a déclaré maître Caty Richard à nos confrères de RTL. Sur la mention du scalp de la victime par Christophe Ellul lors de sa conférence de presse, l’avocate insiste : « Effectivement, Elisa a eu le cuir chevelu arraché. Sur ce scalp, à l’intérieur de ce scalp, il n’y a qu’un ADN, et un seul, celui de Curtis. »

« A ce stade de l’instruction, les expertises se rejoignent et tendent à démontrer l’implication exclusive du chien Curtis dans les morsures ayant entraîné la mort de Madame Pilarski, sa maîtresse, sans qu’aucun élément ne permette de mettre en cause les chiens appartenant à la société de vénerie », avait déclaré le procureur de la République de Soissons, mardi 3 novembre. Dans la foulée, Alexandre Novion, l’avocat de Christophe Ellul, a fait savoir qu’il demanderait soit un complément aux expertises, soit une contre-expertise.