Reims : Un élève de première mis en examen pour l’agression d’un professeur

VIOLENCE Selon le procureur, l’adolescent a récusé tout lien avec « les caricatures de Mahomet, ou l’organisation de la minute de silence » en hommage à Samuel Paty

20 Minutes avec AFP
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La police (illustration).
La police (illustration). — FRANCOIS GREUEZ/SIPA

Bien que le suspect ait récusé tout lien entre son acte et la mort de Samuel Paty, le Parquet national antiterroriste va tout de même procéder à l’évaluation du dossier. Un adolescent a été mis en examen pour avoir agressé vendredi un de ses professeurs à Reims, a-t-on appris samedi auprès du parquet. « Un enseignant du lycée Jean Jaurès de Reims a été victime d’une agression par un de ses élèves hier après-midi alors qu’il se trouvait seul dans sa classe après un cours », a également confirmé le rectorat.

Tentative d’étranglement

« L’enseignant a réussi à se sauver pour donner l’alerte » et la police, intervenue rapidement, a pu interpeller l’élève sans difficulté, a précisé le rectorat. Selon le procureur de la République de Reims, Matthieu Bourrette, cet adolescent letton de 15 ans et 11 mois, scolarisé en classe de première, a tenté d’étrangler son professeur puis a jeté une table dans sa direction.

Bon élève mais manifestant un comportement plus difficile depuis la rentrée de septembre 2020, ce jeune homme « de confession musulmane » qui « pratique de manière assidue sa foi » a choisi de garder le silence pendant sa garde à vue mais a indiqué, « parmi les rares réponses qu’il a fourni, que les actes récents commis envers des professeurs étaient "des incidents très graves" », a souligné le procureur. Le lycéen a reconnu l’agression et s’en est excusé. Il a expliqué son geste comme une réaction disproportionnée à une première agression du professeur, qui l’aurait volontairement heurté avec la porte de la salle de classe.

Bientôt un conseil de discipline

Mis en examen pour violences volontaires n’ayant pas entraîné d’incapacité totale de travail sur une personne chargée d’une mission de service public, il a été placé dans un établissement public éducatif dépendant de la protection judiciaire de la jeunesse. Il a également été exclu de l’établissement dans l’attente d’un conseil de discipline. Une cellule psychologique a été mise en place au lycée, où le directeur académique des services de l’Éducation nationale de la Marne doit se rendre lundi matin.