Nord : Une usine sidérurgique mise en demeure, après des épisodes de pollution de l'eau

FAITS DIVERS L’usine Tata Steel de Louvroil, dans le Nord, a été priée de se mettre en conformité par la préfecture, après plusieurs épisodes de pollution de la rivière Sambre

G.D. avec AFP

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La rivière Sambre lors de son passage devant l'usine Tata Steel, à Louvroil, dans le Nord.
La rivière Sambre lors de son passage devant l'usine Tata Steel, à Louvroil, dans le Nord. — Google Maps

Des irrégularités sur les installations. L’entreprise du sidérurgiste Tata Steel à Louvroil, près de Maubeuge, dans le Nord, a été mise en demeure de se mettre en conformité, a-t-on appris jeudi auprès de la préfecture. Trois épisodes de pollution de la rivière Sambre avaient été constatés ces dernières semaines.

Les 31 août, 10 septembre et 25 septembre, la rivière s’était colorée d’une teinte orangée sur quelques kilomètres, conduisant les autorités à entreprendre une série de relevés et analyses pour déterminer la « nature et l’origine » de cette pollution.

Plusieurs irrégularités autour du site

Les analyses réalisées par l'Office français de la biodiversité (OFB) avaient permis de conclure à la présence de « matières en suspension chargées en fer, expliquant la couleur orangée », non dangereuses pour la faune et la flore.

Mais plusieurs irrégularités ont été constatées autour du site de Tata Steel. La dernière en date, le 25 septembre. Il a été découvert un « panache orangé à la sortie d’un point de rejet » d’eaux pluviales, selon un arrêté de la préfecture daté du 2 octobre et repéré jeudi par La Voix du Nord.

Par ailleurs, « les dernières analyses réalisées sur les eaux pluviales » rejetées, effectuées en avril 2020, « montrent des dépassements par rapport aux valeurs limites d’émission prévues », notamment concernant les concentrations en fer (près de deux fois supérieures sur l’un des points d’analyse), en zinc et en azote, précise l’arrêté.

« Illisible, inexploitable, incomplet »

L’exploitant n’a « pas été en mesure de fournir de contrôle réalisé » sur les canalisations, le plan de réseaux fourni aux autorités est « illisible et inexploitable » et le « plan de collecte des eaux de process » est « incomplet », note encore la préfecture.

Elle met donc en demeure la société de respecter ses obligations légales : « nettoyer correctement les voiries », « réaliser un examen des canalisations et de ses effluents afin de s’assurer de leur bon état et de leur étanchéité » ainsi qu’un « plan complet des réseaux » dans un délai maximal de 15 jours.

Eventuelles sanctions administratives

La préfecture enjoint également l’entreprise de « respecter les valeurs limites de rejet » en azote, fer et zinc. Dans le cas où ces obligations ne seraient pas satisfaites, « il pourra être pris à l’encontre de l’exploitant (…) des sanctions administratives » pouvant aller jusqu’à « la fermeture ou la suppression des installations ou la cessation définitive des travaux », selon cet arrêté.

Après un marathon judiciaire, Tata Steel a comparu, le mois dernier, devant le tribunal d’Avesnes-sur-Helpe, pour une pollution de la rivière franco-belge Hogneau en mai 1992. La décision doit être rendue le 3 novembre.