Vosges: Le corbeau qui sévissait dans le village de Fontenay était le mari de la maire sortante

FAITS DIVERS Des habitants du village de Fontenay, dans les Vosges, recevaient des lettres anonymes. L’auteur des lettres a été identifié

G.V. avec AFP
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Illustration boîte aux lettres en campagne.
Illustration boîte aux lettres en campagne. — LODI Franck/SIPA

Les histoires de lettres anonymes, dans les Vosges, ont toujours une résonance particulière. D’autant plus lorsque cela se passe dans une petite commune située à une dizaine de kilomètres à peine de Lépanges-sur-Vologne, épicentre de l’affaire du « petit Grégory » et qui traumatise la vallée depuis vingt-six ans. Même si cette fois, évidemment, cela n’a rien à voir avec cette affaire.

Les habitants du village de Fontenay ont déposé plainte après avoir reçu des lettres anonymes. L’auteur présumé de ces lettres a été identifié. Il s’agit de l’époux de l’ancienne maire du village. L’individu aurait été confondu par son écriture : il avait rédigé les adresses sur les enveloppes à la main, selon une source proche du dossier.

« La sorcière qui vous aime tous »

Trois vagues de lettres avaient été envoyées avant et après le premier tour des municipales ainsi que fin avril. Au début, elles ne visaient nommément personne mais certaines mentionnaient « les trois premières lettres » des prénoms d’enfants du village, explique Jérôme Poifoulot, maire depuis juin de cette commune de 500 personnes, lui-même destinataire de lettres.

Au total, 18 personnes, dont plusieurs de sa liste électorale, en ont reçu, affirme-t-il. La première vague de lettre, signée « La sorcière qui vous aime tous », parle d’enfants comme de « petits cons » ou de « consanguins », selon des extraits dévoilés par Le Parisien/Aujourd’hui en France. La lettre vante également l’action municipale de la maire sortante, qui ne se représentait pas.

Le suspect a reconnu les faits

Placé en garde à vue samedi à la gendarmerie de Bruyères, l'homme a reconnu les faits.  Pour son avocat, Me Alain Bégel, ces missives mélangent «tract électoral» et «lettre d'amour» à la gloire de sa femme. Elles ont été rédigées «dans un contexte particulier», marqué par le Covid et des incivilités dans le village et chez son client dont les pneus de la voiture avaient été crevés.

«Il était excédé, fatigué et inquiet», insiste Me Bégel, qui rejette toute infraction pénale. «Les faits constituent de nombreuses infractions», estime au contraire Me Gérard Welzer, l'avocat des plaignants.

« Nous prendrons une décision dans le courant de la semaine » prochaine pour éventuellement engager des poursuites pour « menaces et harcèlement », a indiqué le procureur de la République d’Epinal, Nicolas Heitz.