Paris : Lacérations, doigts cassés… Enquête ouverte après la découverte du corps d’un homme victime d’actes de torture

RECIT Le corps mutilé d’un homme âgé de 34 ans a été découvert mardi dans le 19e arrondissement de la capitale. Selon nos informations, la piste d’un règlement de compte est privilégiée par les enquêteurs de la police judiciaire

Thibaut Chevillard

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Police judiciaire. (Illustration)
Police judiciaire. (Illustration) — SIPA
  • Le corps d’un homme de nationalité chinoise âgé de 34 ans a été découvert, mardi en fin d’après-midi, dans un appartement du 19e arrondissement de Paris.
  • Selon les premiers éléments de l’enquête, la victime a été torturée avant de succomber à ses blessures. Une enquête a été ouverte, confiée au 2e district de police judiciaire.
  • Alors qu’un suspect est recherché, les enquêteurs étudient la piste d’un règlement de compte.

C’est un voisin, intrigué par les bruits provenant d’un appartement et par la présence de traces de sang devant la porte, qui a alerté la police. Il est environ 16 h, mardi, lorsque les fonctionnaires se rendent rue de l’Ourcq, dans le 19e arrondissement de Paris. Après avoir obtenu son numéro de téléphone, ils tentent de contacter le locataire des lieux. Mais ils tombent systématiquement sur sa messagerie. Les agents vont alors essayer de pénétrer dans l’appartement situé au premier étage en passant par une fenêtre. Ils n’y parviennent pas, mais l’un d’entre eux constate que la lumière est restée allumée dans le logement. Surtout, il remarque d’autres traces de sang sur le sol.

Vers 17 h, les policiers ouvrent la porte à coups de pied. A l’intérieur, l’horreur. Ils découvrent le corps d’un homme d’origine asiatique, gisant sur le sol dans une mare de sang, la tête posée sur un gros sac de riz. La victime présente de nombreuses blessures, laissant penser aux agents qu’elle a été torturée : doigts cassés, hématomes, lacérations, et même « des trous au niveau des chevilles » ainsi qu’une « coupure au niveau de la gorge », indique à 20 Minutes une source policière. Un policier va tenter de lui venir en aide en lui prodiguant un massage cardiaque. En vain.

Une victime au lourd passé judiciaire

Vingt minutes plus tard, le médecin du Samu ne peut que constater le décès de la victime. Le propriétaire des lieux l’assure : il ne s’agit pas de son locataire. Qui est donc cet homme sur lequel on s’est acharné ? Quelques minutes plus tard, une femme paniquée se présente aux agents. C’est son épouse. Son mari, indique-t-elle, est né à Zhe Jiang, en Chine, il y a trente-quatre ans. Depuis, il habite dans un petit pavillon en Seine-Saint-Denis, à La Courneuve. Elle l’a vu pour la dernière fois à 12 h. Mais dans l’après-midi, elle a reçu sur son téléphone une vidéo montrant son mari agonisant. L’émetteur n’est autre que le locataire de l’appartement, qui est activement recherché.

Rapidement, les limiers du 2e district de police judiciaire et de la brigade criminelle arrivent sur place, accompagnés des agents de l’identité judiciaire. Ils vont passer la scène de crime au peigne fin, à la recherche d’indices tandis que le corps de la victime est transporté à l’institut médico-légal pour y être autopsié.

L’enquête ne fait que commencer et, si aucune piste n’est écartée, les enquêteurs penchent pour l’hypothèse d’un règlement de compte. Selon nos informations, la victime est en effet connue des services de police pour son implication dans des affaires d’enlèvement et de séquestration, de vol et de violences avec armes. « Des affaires lourdes », résume une source proche du dossier.