Oradour-sur-Glane : Des tags sur le centre de la mémoire du village

PROFANATION Les inscriptions mettent en cause la réalité du massacre de plus de 600 villageois en juin 1944

G. N. avec AFP

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Les tags ont été dénoncés par Jean Castex.
Les tags ont été dénoncés par Jean Castex. — GILE MICHEL/SIPA

Des tags ont été inscrits sur le centre de la mémoire d’Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne), village martyr de la Seconde guerre mondiale, a annoncé vendredi à l’AFP son président Fabrice Escure, des actes dénoncés par le Premier ministre Jean Castex. « Des tags ont été faits sur le centre », a déclaré Fabrice Escure, indiquant vouloir porter plainte.

Dans un tweet, Jean Castex a assuré que « tout est mis en œuvre pour que les auteurs de ces actes infâmes en répondent devant la Justice ». « J’ai appris avec colère et consternation la dégradation du centre de la mémoire d’Oradour-sur-Glane. Souiller ce lieu de recueillement, c’est aussi salir la mémoire de nos martyrs », ajoute-t-il. Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin évoque de son côté des « inscriptions négationnistes » dans un tweet et parle de « crachat sur la mémoire de nos martyrs ».

Des inscriptions révisionnistes

Sur une photo mise en ligne par le Populaire du centre, on voit le mot « martyr » rayé à la peinture, une bâche bleue couvrant des inscriptions. Selon le journal, « le mot "menteur" a été ajouté ainsi qu’une référence à un révisionniste et à des théories qui régulièrement refont surface à propos du village martyr haut-viennois ». Une enquête a été ouverte au parquet de Limoges, selon une source proche.

Le 10 juin 1944, la division SS Das Reich a tué 642 villageois à Oradour-sur-Glane. Les Allemands avaient rassemblé les hommes dans les granges du village et les avaient fusillés. Ils avaient regroupé femmes et enfants dans l’église avant d’y mettre le feu. Le centre de la mémoire, ouvert en 1996, explique aux visiteurs des ruines du village martyr – environ 300.000 personnes chaque année – le contexte du massacre.