Affaire Maddie : Le principal suspect obtient un avis défavorable dans une autre procédure judiciaire

Justice Le principal suspect dans la disparition de la petite Maddie conteste devant la justice européenne sa condamnation pour le viol d’une septuagénaire en 2005

20 Minutes avec AFP

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Maddie Mc Cann, disparue en 2007, serait morte, selon la justice allemande.
Maddie Mc Cann, disparue en 2007, serait morte, selon la justice allemande. —

Christian B., le quadragénaire allemand devenu le principal suspect dans la disparition en 2007 au Portugal de la petite Madeleine McCann a essuyé jeudi un revers dans sa tentative de contester sa condamnation, devant la Cour de justice de l'Union européenne, pour le viol d’une septuagénaire en 2005.

L’avocat général de la Cour a estimé que les poursuites pour ces faits sont légales si l’Italie, qui avait remis le suspect à l’Allemagne dans le cadre d’un mandat d’arrêt européen, a bien donné son feu vert.

Poursuite pour faits de viol et d’extorsion

S’il ne se prononce pas sur le fait de savoir si la condition est effectivement remplie, le rappel des faits contenu dans les conclusions de l’avocat général mentionne bien que la Cour d’appel de Milan a consenti en mars 2019 à la demande de la justice allemande de le poursuivre pour ces faits de viol et d’extorsion.

Le mandat d’arrêt européen sur la base duquel il avait été arrêté en Italie en 2018 concernait au départ une affaire de trafic de drogue, pour laquelle il est actuellement incarcéré en Allemagne.

Viol de la septuagénaire dans le même village de Praia de Luz

Cet homme, désigné par la justice allemande comme Christian B., a été condamné en décembre 2019 à 7 ans de prison par le tribunal de Brunswick, pour le viol et le vol d’une Américaine de 72 ans survenu en 2005 au Portugal, dans le même village de Praia da Luz où la petite Madeleine McCann a disparu en mai 2007.

Mais il a saisi la Cour fédérale de justice allemande pour contester cette condamnation. La sentence est actuellement suspendue au recours devant la Cour de justice de l’UE, à qui la cour allemande a demandé de se prononcer sur une règle relative au mandat d’arrêt européen.

Décision attendue en septembre

Les conclusions de l’avocat général ne sont pas contraignantes pour la Cour de Luxembourg mais sont généralement suivies. Une décision est attendue à la fin du mois ou début septembre.

L’avocat de Christian B., Friedrich Fuelscher, a souligné auprès de l’AFP que la décision de la Cour était « toujours ouverte », ces conclusions n’étant que « l’opinion légale personnelle de l’avocat général ».

Demande de libération anticipée

Le quadragénaire, pédophile multirécidiviste, est actuellement incarcéré dans une prison de Kiel, dans le nord de l’Allemagne, où il a purgé les deux tiers de sa peine pour trafic de drogue.

Il a demandé une libération anticipée, avant le terme prévu du 7 janvier 2021.

Ses avocats estiment que sa condamnation de 2019 pour viol et extorsion n’est pas légale parce qu’il a été remis à son pays d’origine sur la base d’un mandat d’arrêt européen portant sur des faits distincts.

Ils soulignent qu’en vertu de la « règle de spécialité », il ne pouvait donc être poursuivi pour les faits de viol et d’extorsion.