Aude : Le mari de l’enseignante poignardée mis en examen et écroué pour « meurtre aggravé »

VIOLENCES CONJUGALES Il a reconnu avoir porté deux coups de couteau à sa femme lors de sa garde à vue

C.C. avec AFP
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Une voiture de gendarmerie (illustration)
Une voiture de gendarmerie (illustration) — SYSPEO/SIPA

Le mari d’une enseignante travaillant en Indonésie, tuée à coups de couteau près de Narbonne dans l’Aude, a été mis en examen pour « meurtre aggravé » et placé en détention provisoire dimanche, après son interpellation in extremis à l’aéroport de Toulouse, a indiqué le parquet. Au cours de sa garde à vue, Billy Kruger, de nationalité américaine et qui résidait en Indonésie avec son épouse, a reconnu lui avoir porté deux coups de couteau, expliquant plus tard au juge d’instruction qu’il cherchait « à se défendre », a affirmé la procureure Marie-Agnès Joly.

La victime, Laure Kruger, avait été découverte sans vie vendredi dans une bouche d’évacuation d’eau de pluie, à une centaine de mètres de la résidence secondaire du couple à Peyriac-de-Mer, un village au sud de Narbonne où ils avaient l’habitude de passer quelques semaines par an. Le couple franco-américain devait repartir vendredi en Indonésie.

La famille n’avait pas connaissance de violences conjugales

Le père de la victime avait appelé la mairie de Peyriac-de-Mer, inquiet de ne pas voir arriver sa fille et son gendre qui auraient dû lui rendre visite à Carcassonne avant leur départ. Après la découverte du corps, les gendarmes ont contacté la police de l’air et des frontières qui a fini par interpeller l’homme en fin de matinée alors qu’il se trouvait dans la zone d’embarquement de l’aéroport de Toulouse.

Selon son profil LinkedIn, Laure Kruger enseignait le Français à la Jakarta Intercultural School. Elle vivait dans la capitale indonésienne depuis 2015 après avoir auparavant été en poste à Shanghaï en Chine, Le Caire et Hawaï notamment. « Nous ne connaissons pas encore tous les faits, mais nous n’avons jamais eu de signal d’alarme de la part de Laure, quant à des actes violents contre elle de la part de son mari. On pense toujours que ça ne peut arriver qu’aux autres, mais les violences faites aux femmes peuvent arriver d’un coup », a écrit sur sa page Facebook Pierre Bardina, le frère de la victime.

Cette affaire porte à au moins 40 le nombre de féminicides présumés depuis le début de l’année, selon un décompte de l’AFP. En 2019, l’AFP a recensé au moins 126 cas de femmes tuées par leur compagnon ou ex, soit une femme tous les trois jours en moyenne.