Paris : Interpellés pour violences, quatre jeunes portent plainte à leur tour contre la police

CONTRE-ATTAQUE A la suite d’une intervention policière pour tapage nocturne, quatre jeunes placés en garde à vue ont porté plainte contre la police

G.D. avec AFP

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Illustration de la police.
Illustration de la police. — Tom Chanal / SIPA
  • Quatre personnes, interpellées pour violences sur personne dépositaire de l’autorité publique, ont déposé plainte.
  • Ils accusent les policiers d’avoir commis des violences à leur encontre lors d’une intervention pour tapage nocturne.
  • D’autres plaintes doivent être déposées dans la semaine, selon l’avocate des jeunes plaignants.

Ils accusent les policiers d’avoir commis des violences à leur encontre. Quatre personnes, interpellées pour violences sur personne dépositaire de l’autorité publique, ont déposé plainte, ce lundi, auprès de l’IGPN, la police des polices.

Les faits remontent à la nuit de vendredi à samedi, quand des policiers sont intervenus après avoir été appelés pour tapage nocturne dans un appartement du 19e arrondissement de Paris, où se déroulait une fête.

En garde à vue au commissariat central du 19e

Sept jeunes ont alors été interpellés et placés en garde à vue au commissariat central du 19e. Une enquête pour violences sur personne dépositaire de l’autorité publique a été ouverte, selon le parquet de Paris.

Ils sont tous ressortis dans le week-end, l’un d’entre eux avec un simple rappel à la loi, un autre avec une procédure classée sans suite. Les gardes à vue de cinq autres ont été levées et ils ont à nouveau été convoqués lundi.

Ceux-ci ne se sont toutefois pas présentés. En revanche, quatre d’entre eux sont allés porter plainte à l’IGPN, selon le parquet et leurs avocats. Ces jeunes déclarent, en effet, avoir été victimes de violences policières pendant la soirée et lors de leur garde à vue.

Appelés pour tapage

Selon Me Camille Vannier, qui défend l’un d’eux, une douzaine de jeunes ont été blessés lors de l’intervention des forces de l’ordre. Ceux qui ont été placés en garde à vue ont aussi affirmé avoir été victimes de coups et d’insultes au commissariat.

Une source policière a pour sa part indiqué à l’AFP que les policiers qui avaient été appelés pour tapage avaient verbalisé la propriétaire. En repartant, ils ont aussi interpellé pour outrage dans le hall de l’immeuble une femme qui venait de les injurier.

« A ce moment-là, ceux qui étaient dans l’appartement sont descendus et s’en sont pris aux policiers y compris physiquement, raconte cette source. L’un d’eux a menacé de prendre l’arme du policier et de lui tirer une balle dans la tête, le véhicule des policiers a été dégradé. » Des renforts sont alors appelés et sept personnes sont interpellées, tandis que deux policiers, blessés, sont emmenés à l’hôpital.

« Choqués de ce qui s’est passé »

Selon le parquet, le commissariat du 19e a été dessaisi de l’enquête pour violences sur personne dépositaire de l’autorité publique, comme le demandait la défense des gardés à vue.

« Nos clients sont tous extrêmement choqués de ce qui s’est passé, a déclaré Me Vannier. Ils sont ravis que l’IGPN se saisisse aussi vite de leur dossier. » D’autres plaintes devraient être déposées dans la semaine, selon l’avocate.