Isère : Quatre hommes, dont un gendarme, en garde à vue après l’agression d’un ado

VIOLENCES EN REUNION L’adolescent avait été passé à tabac dans la nuit du 27 au 28 juin. Selon lui, un gendarme a assisté à la scène de violence sans lui porter secours

Elisa Frisullo

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Une voiture de gendarmerie (illustration)
Une voiture de gendarmerie (illustration) — SYSPEO/SIPA
  • La nuit du 27 au 28 juin, un ado a été agressé par des adultes à Heyrieux, en Isère.
  • Parmi les hommes suspectés, un gendarme est soupçonné de ne pas avoir aidé la victime alors qu’il assistait à la scène, et d’avoir tenté de l’intimider lors de son dépôt de plainte.

Il va devoir s’expliquer devant ses pairs. Quatre personnes, dont un gendarme​ de l’Isère, ont été placés en garde à vue ce mercredi dans les locaux de la section de recherches de Lyon dans le cadre d’une enquête sur des « violences volontaires en réunion », a appris 20 minutes auprès du parquet confirmant une information du Dauphiné Libéré.

Ces investigations avaient été lancées la semaine passée après le passage à tabac d’un adolescent de 16 ans, dont la famille avait porté plainte le 28 juin, quelques heures après les faits présumés. Cette nuit-là, à Heyrieux, alors qu’il sortait d’une soirée avec des copains, le garçon avait, selon ses dires, été agressé par plusieurs adultes, dont le père de son ex-petite amie.

Une tentative d’intimidation ?

Il avait été violemment frappé au visage. L’adolescent avait alors indiqué le lendemain aux forces de l’ordre qu’un gendarme faisait partie de l’expédition punitive et qu’il ne lui était pas venu en aide lors des coups. Pire, le gendarme, par ailleurs conseiller municipal en Isère, aurait dissuadé un copain de la victime de lui porter secours. Lors du dépôt de plainte, il se serait également rendu dans la caserne où se trouvaient le garçon et son père pour les intimider avant d’être prié de partir par les gendarmes recevant la victime.

L’enquête, confiée dans un premier temps à la brigade de recherches de Vienne, a finalement été transférée dans le département voisin à la section de recherches de Lyon. Au-delà des chefs de « violences volontaires en réunion », le gendarme va devoir s’expliquer sur les faits de « non-assistance à personne en danger » et « subordination de témoins ».