Haute-Loire : Des agriculteurs montent au créneau après l’attaque de vautours sur des animaux vivants

POLÉMIQUE « Depuis trois semaines, six éleveurs de Haute-Loire ont subi des attaques de vautours : 7 ovins et 2 bovins ont été consommés, et un agneau attaqué mais sauvé par l’éleveur », ont dénoncé la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs

20 Minutes avec agences

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Des vautours dans le parc national des Cévennes (illustration)
Des vautours dans le parc national des Cévennes (illustration) — LECQUYER JEROME/BNT/SIPA

Des syndicats d’agriculteurs en Haute-Loire ont dénoncé ces derniers jours de récentes attaques de vautours contre des troupeaux, et demandé à l’Etat d’agir en mettant notamment en place des tirs d’effarouchement et un système d’indemnisation pour les éleveurs. « Les vautours sont des nécrophages stricts et donc totalement inoffensifs et incapables d’attaquer le moindre troupeau », a réagi ce lundi la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO).

« Il est vrai qu’un animal mourant et incapable de bouger peut théoriquement être mangé par des vautours. Et dans ce cas, ils anticipent une mort certaine », a-t-elle ajouté, évoquant l’exemple de bête morte ou blessée à la suite d’une « mise bas qui s’est mal passée » ou de l’attaque « d’un chien errant ». La LPO répondait au communiqué de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs du département, diffusé ce mercredi et faisant état « d’attaques » du rapace diurne dans leurs cheptels.

Les défenseurs protestent

« Depuis trois semaines, six éleveurs de Haute-Loire ont subi des attaques de vautours : 7 ovins et 2 bovins ont été consommés, et un agneau attaqué mais sauvé par l’éleveur », ont-ils dénoncé, citant des cas dans les communes de Saugues, Torsiac, Couteuges, Lubilhac, Thoras et Chanaleilles. « Si nous avons tous appris à l’école que le vautour était nécrophage, force est de constater, au vu des dernières attaques, qu’il s’attaque aussi à des animaux vivants », ont-ils aussi affirmé.

« On parle du bien-être animal sans arrêt, on laisse les animaux dehors, dans le milieu naturel, avec le plus de confort et de bien-être possible », a souligné par la suite la présidente des JA Haute-Loire, Laurine Rousset. « Et maintenant il va falloir les rentrer car on a des problèmes de vautours ? Il y a un moment, il va falloir faire les bons choix », a-t-elle insisté.

Une étude de leur comportement ?

Les deux syndicats agricoles demandent notamment une étude de « l’évolution des comportements des vautours », la mise en place de tirs d’effarouchement et d’une indemnisation pour les éleveurs. Ils ont rendez-vous avec le préfet début juillet.

La LPO, aux doléances des agriculteurs de Haute-Loire, a rappelé ce lundi les réponses déjà existantes d’un Plan National d’Actions, qui vise à préserver la relation à bénéfices réciproques entre éleveurs et vautours. L’association a assuré en outre que la « très grande majorité » des éleveurs était favorable à la présence de ces oiseaux, garants selon elle d’un « équarrissage naturel et gratuit ».