Béziers : Après la mort d'un homme au commissariat, l'autopsie évoque un « syndrome asphyxique »

ENQUETE Des examens supplémentaires du corps sont cependant encore attendus

N.B.

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Un contrôle de la police municipale a marqué le début des ennuis du jeune Toulousain. Illustration.
Un contrôle de la police municipale a marqué le début des ennuis du jeune Toulousain. Illustration. — Syspeo / Sipa

Le 8 avril, un homme de 33 ans mourrait, au commissariat de police de Béziers (Hérault), où il avait été conduit par des policiers municipaux, après son interpellation. Il n’avait pas pu être sauvé par les secours, malgré 45 minutes de réanimation.

Une information judiciaire contre X pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner par une personne dépositaire de l’autorité publique et non-assistance à personne en péril avait été ouverte par le parquet de Béziers, apprenait-on le 15 avril. Pour l’instant, il n’y a eu aucune mise en examen.

Troubles du rythme cardiaque et syndrome asphyxique

Jeudi soir, Raphaël Balland, le procureur de la République de Béziers, a communiqué les résultats de l’autopsie du corps de la victime. Des résultats qui ne permettent pas de préciser pour l’instant avec certitude la cause du décès, indique le parquet. « Ce décès pourrait résulter de troubles du rythme cardiaque d’origine plurifactorielle (…) et d’un syndrome asphyxique, mais (…) des expertises complémentaires sont indispensables afin d’étayer leurs hypothèses », indique le représentant du parquet.

Un examen approfondi des organes de la victime, « susceptible notamment de confirmer ou d’infirmer un éventuel syndrome asphyxique » a été diligenté. Ses conclusions ne sont cependant pas attendues avant le milieu du mois de juillet. D’autres investigations sont également en cours pour tenter de préciser les causes du décès.

De la cocaïne

Par ailleurs, l’autopsie met en évidence dans le sang du défunt une « concentration exceptionnellement élevée de cocaïne et de ses métabolites, indiquant une dernière prise à courte distance du décès ». Peu après la mort du trentenaire, les médecins avaient retrouvé, « dissimulés dans une poche interne du slip du défunt, quatre petits pochons d’un total de moins de 2 g contenant une poudre blanche ».

Une heure avant sa mort, il avait été contrôlé, pour vérifier s’il pouvait justifier de sa présence en dehors de son domicile, en raison des mesures de confinement. Les trois policiers municipaux avaient indiqué que la victime aurait « refusé le contrôle et qu’il aurait adopté à leur rencontre un comportement très agressif justifiant (…) de procéder à son interpellation », indiquait le procureur de la République de Béziers, le 9 avril.

Un policier se serait assis sur ses fesses

« L’homme résistait alors fortement et longuement à l’interpellation. Les policiers municipaux parvenaient difficilement à le menotter puis à le faire entrer à l’arrière de leur véhicule en le maintenant sur le ventre. Un policier municipal se serait alors assis sur les fesses de l’individu encore très excité dans le but de le maintenir jusqu’à sa conduite au commissariat », à quelques centaines de mètres de là, poursuit le parquet.

Au cours de son transport jusqu’à l’hôtel de police, l’homme « se serait calmé », « les trois policiers affirmant l’avoir entendu ronfler, leur laissant penser qu’il s’était endormi ».

Connu de la justice

Un témoin avait indiqué avoir assisté à une partie de la scène depuis sa fenêtre : il aurait confirmé « l’état d’excitation de l’homme interpellé et la difficulté des policiers municipaux pour le maîtriser ». Aucune caméra de vidéosurveillance n’est installée sur le lieu de l’intervention des policiers municipaux, note le magistrat. Lors de son arrivée au commissariat, l’homme était inconscient. Des gestes de secours lui ont alors été prodigués par les policiers, puis par les secours. Son décès a été constaté peu après.

La victime, sans emploi, est le père de trois jeunes enfants, dont la garde a été attribuée à son ex-compagne, avait-on appris le 9 avril auprès du parquet. Connu de la justice, il avait été condamné à 8 reprises depuis 2005, notamment pour des violences et des vols.