Marseille : Comment la police « harcèle » les trafiquants de stupéfiants des quartiers nord

DROGUE Les policiers ont saisi ces derniers jours plusieurs dizaines de kilos de stupéfiants dans les quartiers nord de Marseille (Bouches-du-Rhône)

Thibaut Chevillard

— 

La cité de la savine située dans le 15è arrondissement de Marseille
La cité de la savine située dans le 15è arrondissement de Marseille — P.MAGNIEN / 20 MINUTES
  • En cinq jours, les policiers marseillais ont saisi 71 kg de stupéfiants dans les cités du nord de la ville.
  • Pour reconquérir ces quartiers, les policiers ont décidé de harceler quotidiennement les réseaux de stupéfiants, explique le commissaire Longuet, patron de la division nord.
  • Les forces de l’ordre s’attaquent aussi de plus en plus aux acheteurs, nous explique-t-il.

« Sur ces cinq derniers jours, on a fait des saisies assez importantes », se félicite le commissaire Patrick Longuet, chef de la division Nord à Marseille (Bouches-du-Nord). Dimanche, à la Savine, une cité des quartiers nord, les policiers sous ses ordres ont saisi 15 kg de cannabis et interpellé un jeune homme soupçonné d’être un « charbonneur », c’est-à-dire un vendeur. Quelques heures plus tard, cité Campagne Lévêque, les fonctionnaires sont repartis avec 45 kg de stupéfiants au cours d’une opération durant laquelle trois personnes ont été interpellées. Ce lundi, ils ont mis la main sur 7 kg de drogue et 16.000 euros à la cité des Olives.

Enfin, jeudi dernier, les fonctionnaires ont découvert, cité La Paternelle, 11.000 euros et 4 kg de cannabis dans une planque qu’ils avaient repérée. « C’est important de saisir du produit, de mettre des gens en prison, poursuit le commissaire Longuet. Mais surtout, il faut libérer les quartiers car les honnêtes gens qui y vivent subissent les réseaux. Ils se mettent en place le matin à 10 heures dans les halls d’escaliers, contrôlent les habitants lorsqu’ils sortent de chez eux mais aussi les gamins qui ne sont pas dans le réseau, les profs… Ils leur font vivre l’enfer. »

S’attaquer aux acheteurs

Pour reconquérir ces quartiers, la stratégie des policiers des BST (brigade spécialisée de terrain), de la Bac et du groupe économie souterraine de la division nord, consiste à « harceler » les réseaux. « C’est une guerre de territoire et nous sommes mobilisés jour et nuit », assure Patrick Longuet. Cette stratégie avait un peu évolué pendant le confinement, durant lequel le trafic était concentré sur quelques quartiers. « On s’est attaqué, durant deux mois, aux acheteurs. Cela a bien fait chier les réseaux, ils ont souffert. Ils étaient habitués à ce qu’on s’en prenne à eux, moins aux acheteurs qu’on a verbalisés pour non-respect du confinement. »

Un nombre « colossal » d’acheteurs ont ainsi été verbalisés. Des gens « qui n’avaient aucune raison d’être dehors », « qui venaient de Salon-de-Provence soi-disant pour voir leur grand-mère qui vit dans la cité. Ils finissaient volontiers par admettre la vraie raison de leur présence dans le quartier », s’amuse le commissaire Longuet qui ne compte pas en rester là. « On continuera à s’attaquer aux réseaux mais aussi aux acheteurs car, d’ici quelques mois, il sera possible de leur dresser une amende forfaitaire ».