Seine-Saint-Denis : Le policier qui a tiré sur son voisin s’était mis en scène sur Snapchat

UNIFORME Il a été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire pour tentative de meurtre

20 Minutes avec AFP
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Une voiture de police. (illustration)
Une voiture de police. (illustration) — XAVIER VILA/SIPA

Le policier qui a tiré sur son voisin mardi à Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis) alors qu’il était hors service a posté des images le mettant en scène sur Snapchat, a-t-on appris samedi de source proche de l’enquête, confirmant une information du Parisien.

Vendredi, ce jeune policier en poste au commissariat du 12e arrondissement à Paris a été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire pour « tentative de meurtre » par une juge d’instruction de Bobigny. Mardi vers 23 h 30, il avait blessé au niveau de l’abdomen ce voisin qui le menaçait avec un couteau.

Avant et après le tir, le fonctionnaire a posté plusieurs images sur le réseau social Snapchat, a révélé le Parisien. Sur une première photo, on voit le bas du corps du policier, pistolet rentré dans la ceinture de son jean. En légende : « Je me rends chez mon voisin d’en dessous qui fait du tapage. Il m’invite à descendre sale fils de pute. J’y vais. » Un deuxième cliché montre des taches de sang sur le sol. « J’ai tiré », dit le message.

« On est dans un cas d’école de légitime défense »

« La première image se voulait être une blague de potache, mais il a été rattrapé par la réalité », dit son avocat, Laurent-Franck Lienard. « Il a posté la deuxième photo pour que ses contacts sachent qu’il s’était passé quelque chose de grave, et qu’ils n’allaient plus avoir de ses nouvelles », poursuit l’avocat. Selon lui, « on est dans un cas d’école de légitime défense » : « Le voisin, connu pour des faits de violence, a chargé le policier, couteau à la main. » « Ces images donnent un éclairage détestable de l’individu alors qu’il est aux antipodes », les témoins ont relaté « qu’il était très calme et très rigoureux. »

Le contrôle judiciaire du policier a notamment été assorti d’une « interdiction de détenir ou porter une arme » et de l’obligation de résider dans un autre domicile que celui occupé au moment des faits. L’enquête a été confiée à la police judiciaire du département.