Béziers : Les causes de la mort d’un homme interpellé par la police municipale restent toujours inconnues

ENQUETE L'autopsie n'a pour l'instant pas pu expliquer le décès de cet homme de 33 ans

N.B.
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Un policier municipal (illustration)
Un policier municipal (illustration) — SYSPEO/SIPA

Le 8 avril, un homme de 33 ans est mort, au commissariat de la police nationale de Béziers(Hérault) où il avait été conduit par des policiers municipaux, après son interpellation. Il n’avait pas pu être sauvé. Il aurait été contrôlé une heure plus tôt, pour vérifier s’il pouvait justifier de sa présence en dehors de son domicile, dans une rue de la ville, en raison du couvre-feu et des mesures de confinement.

Une enquête pour homicide involontaire a été confiée aux policiers de Montpellier. Le 10 avril, une autopsie a été pratiquée. Si les conclusions ne seront pas rendues avant plusieurs jours, indique Raphaël Balland, le procureur de la République de Béziers, « à ce stade, il peut simplement être indiqué qu’aucune des constatations effectuées sur le corps ne permet d’expliquer de manière évidente la ou les causes du décès ».

De la poudre blanche

Les médecins légistes ont pu constater une absence de plaie, une absence d’hémorragie interne ainsi qu’une absence de fracture osseuse. Par ailleurs, poursuit le magistrat, quatre « petits pochons d’un total de moins de 2 g contenant une poudre blanche qui va faire l’objet d’analyses » ont été retrouvés dans une poche interne du slip de la victime.

Les trois policiers municipaux, entendus dans le cadre d’une audition libre, avaient indiqué que la victime aurait « refusé le contrôle et qu’il aurait adopté à leur encontre un comportement très agressif justifiant selon eux de procéder à son interpellation », indiquait le 9 avril le procureur. « L’homme résistait alors fortement et longuement à l’interpellation. Les policiers municipaux parvenaient difficilement à le menotter puis à le faire entrer à l’arrière de leur véhicule en le maintenant sur le ventre. Un policier municipal se serait alors assis sur les fesses de l’individu encore très excité dans le but de le maintenir » jusqu’au commissariat, à quelques centaines de mètres de là.

Déjà connu de la justice

Au cours de son transport jusqu’à l’hôtel de police, poursuivait le magistrat, l’homme « se serait calmé », « les trois policiers affirmant l’avoir entendu ronfler, leur laissant penser qu’il s’était endormi ». Selon le procureur de Béziers, un témoin a indiqué avoir assisté à une partie de la scène depuis sa fenêtre : il aurait confirmé « l’état d’excitation de l’homme interpellé et la difficulté des policiers municipaux pour le maîtriser ».

Lors de son arrivée au commissariat, l’homme était inconscient. Des gestes de secours lui ont alors été prodigués par les policiers, puis par les secours, en vain.

La victime, sans emploi, est le père de trois jeunes enfants, dont la garde a été attribuée à son ex-compagne. Connu de la justice, il avait été condamné à huit reprises depuis 2005, notamment pour des violences et des vols. Le 7 avril, il avait été présenté au parquet de Béziers, soupçonné d’avoir volé de l’argent dans les mains d’une personne à la sortie d’un distributeur automatique de billets. Il avait alors été condamné à six mois de prison ferme, mais sans mandat de dépôt, poursuit le procureur de Béziers.