VIDEO. Enquête sur l’incendie à Strasbourg: La piste d'une défaillance électrique s'éloigne, deux personnes en garde à vue

FAITS DIVERS L’enquête pour déterminer les causes de l’incendie meurtrier se poursuit, les habitants de l’immeuble incendiés devront être relogés et accompagnés

Thibaut Gagnepain, Gilles Varela et Nils Wilcke

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Police devant l'immeuble rue de Barr ravagé par un incendie faisant cinq morts le 27 février à Strasbourg.
Police devant l'immeuble rue de Barr ravagé par un incendie faisant cinq morts le 27 février à Strasbourg. — G. Varela / 20 Minutes
  • Cinq personnes sont décédées et sept autres blessées dans l'incendie d'un immeuble situé rue de Barr, dans le quartier gare à Strasbourg, dans la nuit de mercredi à jeudi. 
  • Deux personnes ont été interpellées dans la proximité des lieux et placés en garde à vue, au cours de la nuit, « du chef de destructions de biens par moyen dangereux pour les personnes ayant entraîné la mort », indique ce soir la procureure de la République de Strasbourg dans un communiqué. 
  • Les premières observations des experts tendent à écarter l'hypothèse d'une simple défaillance électrique, selon la procureure. 

Après le dramatique incendie dans un immeuble situé rue de Barr à  Strasbourg dans la nuit de mercredi à jeudi, au lourd bilan de cinq personnes décédées et de sept blessés, l’enquête se poursuit, menée conjointement par la Sûreté départementale et la DIPJ de Strasbourg.

Deux personnes, connues des services de police et qui étaient à proximité des lieux au moment de l’ incendie ont été interpellées dans la nuit. 

La piste d'une défaillance électrique s'éloigne

Les «  deux individus interpellés à proximité des lieux » ont été « placés en garde à vue au cours de la nuit, du chef de destructions de biens par moyen dangereux pour les personnes, ayant entraîné la mort. Leurs auditions sont en cours afin de déterminer leur éventuelle participation aux faits  », indique ce jeudi soir Yolande Renzi, procureure de la République de Strasbourg dans un communiqué.

Des analyses techniques ont été réalisées par deux experts en matière d’incendie et électricité, en présence d’un magistrat. « Leurs premières observations tendent à écarter l'hypothèse d'une simple défaillance électrique comme étant à l'origine de ce dramatique incendie, aucun désordre électrique n'ayant été mis en évidence à ce stade », précise la procureure. 

Un centre d'accueil pour les habitants 

De son côté, la préfecture a décidé la mise en place d’un dispositif pour prendre en charge les victimes et les familles. Un centre d’accueil vient d’être ouvert dans des locaux mis à disposition par la ville de Strasbourg pour assurer l’accompagnement psychologique, social et administratif des familles des victimes et de toutes les personnes impliquées. Il est situé au 31-33 rue Kageneck, à proximité du lieu du sinistre.

La préfecture indique que « toute personne nécessitant une prise en charge en tant que famille de victime ou impliqué peut se présenter au centre où elle bénéficiera d’un accompagnement psychologique, social et administratif. » Les services de police judiciaire y sont également présents pour recueillir les témoignages nécessaires à l’enquête ouverte par le Parquet de Strasbourg.

« C’est un secteur où l’on vend de la drogue »

Le sinistre a mobilisé pas moins de 48 sapeurs-pompiers et 23 engins. Les secours ont permis de sauver bon nombre d’habitants de l’immeuble comprenant 44 appartements, évacués par les fenêtres. Ce matin, devant l’immeuble, Olivier, étudiant d’une vingtaine d’années qui réside dans l’habitation, passait pour récupérer des affaires, mais l’accès était interdit. Réveillé par le bruit et la fumée, il raconte que les pompiers l’ont rapidement évacué en le faisant sortir par la façade.

Le bâtiment est une résidence privée, qui date des années 1970, « mais pas en état d’insalubrité », selon le directeur de cabinet de la préfète du Bas-Rhin, Dominique Schuffenecker. Sur place, des riverains évoquaient un coin « qui a mauvaise réputation ».  « C’est un secteur où l’on vend de la drogue », témoigne le concierge d’un immeuble voisin. D’autres rappelaient qu’un homme s’est suicidé au septième étage de l’immeuble le 23 novembre dernier.

Les familles avaient été dans un premier temps accueillies dans un gymnase situé dans le quartier de Koenigshoffen. Neuf devront être relogées.