Eure : Un surveillant de prison se suicide, trois semaines après deux agressions par des détenus

PÉNITENTIAIRE Début février, les gardiens de cette prison avaient fait grève pour protester contre la hausse des violences et leurs conditions de travail dégradées

20 Minutes avec agence

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Illustration de la prison de La Talaudiere, près de Saint-Etienne.
Illustration de la prison de La Talaudiere, près de Saint-Etienne. — KONRAD K./SIPA

Un surveillant pénitentiaire qui travaillait à la prison des Vignettes à Val-de-Reuil (Eure) s’est suicidé dans la nuit du 19 au 20 février. Yann Hamonier, qui avait 38 ans, a mis fin à ses jours à son domicile, rapporte La Dépêche Louviers.

L’information a été rapportée sur Facebook par l’association des Femmes des Forces de l’Ordre en Colère (FFOC) et par Nicolas Bihan, collègue de Yann Hamonier et ancien délégué syndical. « C’est un métier où l’on côtoie la misère humaine, où l’on voit les suicides des détenus », a-t-il confié à La Dépêche. « Il y a aussi les agressions verbales quotidiennes, les agressions physiques parfois. […] Ça use au bout d’un moment. »

Des conditions de travail dégradées

C’est dans cette même prison des Vignettes que deux agressions sont survenues en deux jours début février. Un surveillant a d’abord été agressé par un détenu armé un stylo. Le lendemain, c’est un détenu qui était attaqué par un autre avec des ciseaux pendant un atelier couture.

Le 8 février, les surveillants de la prison de l’Eure ont donc fait grève, dénonçant leurs conditions de travail et la « gestion catastrophique des détenus les plus dangereux », selon un délégué syndical. Les gardiens réclamaient plus de moyens techniques, de nouvelles alarmes, plus de caméra de vidéosurveillance et une augmentation du personnel. Certaines de ces demandes ont été acceptées par la direction.