Attaque à la préfecture de Paris : Le mobile terroriste se confirme

ENQUETE L’exploitation du téléphone portable du terroriste a mis en lumière des recherches ne laissant guère de doute sur les motivations de Mickaël Harpon

Caroline Politi

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Les cercueils des victimes de Mickael Harpon dans la cour de la préfecture de police de Paris, lors de la cérémonie d'hommage, mardi 8 octobre.
Les cercueils des victimes de Mickael Harpon dans la cour de la préfecture de police de Paris, lors de la cérémonie d'hommage, mardi 8 octobre. — LUDOVIC MARIN / AFP

Les motivations de Mickaël Harpon, auteur de l’attaque au couteau à la préfecture de police de Paris, ne laissent désormais guère de doutes. L’exploitation du téléphone portable de cet agent administratif qui a tué quatre de ses collègues le 3 octobre dernier, a permis de mettre en exergue des recherches Internet confirmant le mobile terroriste. Environ une heure avant son passage à l’acte, l’homme a fait une recherche à partir de son téléphone où il a tapé « comment tuer les infidèles », a appris 20 Minutes de source proche du dossier, confirmant une information du Parisien.

Si le parquet national antiterroriste s’était rapidement saisi du dossier, des interrogations subsistaient sur le profil de Mickaël Harpon. L’enquête a, en effet, mis en lumière la personnalité fragile de l’assassin, converti il y a une dizaine d’années. Atteint de surdité, il était en conflit avec sa hiérarchie, se sentait rejeté par une partie de ses collègues. La nuit précédant l’attaque sa femme avait décrit une crise mystique confinant à la folie, alternant incantations religieuses, hurlements et pleurs. « L’un n’empêche pas l’autre, confiait récemment à 20 Minutes une source proche de l’enquête. Une personnalité présentant des troubles psychiatriques peut avoir des motivations terroristes. »

Le secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, doit être entendu ce mercredi à 14 heures par la commission d’enquête sur les dysfonctionnements ayant conduit aux attaques commises à la préfecture de police, le 3 octobre 2019.