Paris: Une prostituée transgenre fauchée mortellement dans le bois de Boulogne

FEMINICIDE Selon les premiers éléments de l’enquête, l’automobiliste d’une Renault Clio avec deux autres personnes à bord a volontairement foncé sur la victime

20 Minutes avec AFP
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Prostitution au Bois de Boulogne (illustration).
Prostitution au Bois de Boulogne (illustration). — V. WARTNER / 20 MINUTES

Une travailleuse du sexe transgenre a été renversée mortellement par une voiture dans le bois de Boulogne dans la nuit de jeudi à vendredi. Selon les premiers éléments d’enquête, cet acte est volontaire. Une enquête a donc été ouverte du chef d’homicide volontaire, confiée au 1er district de la police judiciaire parisienne (1er DPJ), a indiqué le parquet de Paris vendredi soir.

Un an et demi après le meurtre de Vanesa Campos

Le drame a eu lieu vers 2 h 30 du matin, selon la source policière, confirmant une information du Parisien. Deux témoins ont expliqué aux enquêteurs qu’un automobiliste dans une Renault Clio avec deux autres personnes à bord a volontairement foncé à vive allure sur la victime qui se trouvait sur l’allée de la Reine-Marguerite, avant de prendre la fuite. Malgré l’intervention des secours, la victime est décédée sur place.

Ce décès survient un an et demi après la mort d’une autre travailleuse du sexe transgenre péruvienne, Vanesa Campos, tuée par balle en août 2018, déjà au bois de Boulogne. Selon l’association Acceptess-T, la victime s’appelait Jessyca Sarmiento, était « une femme trans péruvienne, venue en France l’an dernier ». « Elle avait été une première fois suivie par une association abolitionniste de la prostitution, qui avait échoué à assurer sa prise en charge », raconte Acceptess-T vers laquelle Jessyca Sarmiento s’était ensuite tournée.

La loi de 2016 pointée du doigt

« Le mois dernier, elle avait commencé à participer à nos cours de français, elle y était studieuse, appliquée, et généreuse, apportant à chaque séance le repas pour ses camarades. C’était l’élément moteur du groupe selon son professeur », témoigne l’association qui a pris contact avec sa famille au Pérou. Une trentaine de travailleuses du sexe transgenres, dont une majorité de Péruviennes, se sont rassemblées vendredi après 23 h 00 sur les lieux du drame autour d’un autel formé de multiples bougies, roses rouges et blanches et de portraits de Jessyca Sarmiento.

Selon l’association, la loi prostitution de 2016, qui pénalise le client, est responsable de l’augmentation des violences contre les travailleuses du sexe en les obligeant à exercer dans des coins reculés à l’abri des contrôles de police. En 2018, « année noire » selon le rapport annuel de SOS Homophobie, 231 agressions physiques envers les personnes LGBT (lesbiennes, gays, bis, trans) ont été recensées.