Budget de l’UE : Après deux jours de sommet, les 27 ne trouvent pas d’accord

DISCUSSIONS Cet exercice, qui a lieu tous les sept ans, est cette année rendu encore plus difficile par le Brexit, le retrait du Royaume-Uni, le 2e contributeur de l'UE

20 Minutes avec AFP

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Les 27 vont devoir s'entendre sur le niveau du budget, de l'ordre de 1.000 milliards d'euros
Les 27 vont devoir s'entendre sur le niveau du budget, de l'ordre de 1.000 milliards d'euros — OLIVIER HOSLET / POOL / AFP

A l’issue de deux jours de sommet à Bruxelles, les 27 membres de l’Union européenne ne sont pas parvenus à trouver un compromis, ce vendredi, sur le futur budget pluriannuel, signe des profondes divisions entre les Etats, a annoncé le président du Conseil européen, Charles Michel.

Aucune date n’a été avancée pour un nouveau sommet sur le nouveau budget de l’UE. « Il n’a pas été possible de conclure un accord. Nous avons besoin de plus de temps », a déclaré Charles Michel, chargé par les Etats-membres de mener ces négociations.

Des « différences » encore « trop grandes pour arriver à un accord »

Les tractations ont échoué en raison des divergences entre les pays les moins dépensiers (Danemark, Suède, Pays-Bas, Autriche) et un groupe d’une quinzaine de pays de l’est et du sud, dont l’Espagne, la Pologne et la Grèce, qui refusent des coupes, notamment dans la politique de cohésion (l’aide aux régions les moins développées). Un dernier compromis a été rejeté par l’ensemble des dirigeants vendredi après-midi, actant de l’échec des négociations, selon une source proche du dossier.

« On est arrivé à une situation de bloc contre bloc. C’est pour cela que ça a échoué », a expliqué cette source. La chancelière allemande Angela Merkel n’a pu que constater des « différences » encore « trop grandes pour arriver à un accord » sur un budget de l’ordre de mille milliards d’euros. « C’est la démocratie. (…) C’est une bonne tradition dans la démocratie que de discuter et débattre », s’est défendue la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Elle a jugé indispensable « que le travail se poursuive avec une grande vigueur pendant les semaines et les mois à venir ».

« Ce n’est pas la PAC qui peut payer pour le Brexit »

La France, préoccupée par un maintien du budget de la PAC (politique agricole commune), et l’Allemagne, les deux principaux contributeurs au budget depuis le départ des Britanniques, ont tenté, sans succès, de concilier les positions des uns et des autres au cours du sommet.

La Politique agricole commune (PAC) ne doit « pas payer pour le Brexit » et ses conséquences sur le budget de l’UE, a estimé le président français Emmanuel Macron à l’issue d’un sommet extraordinaire de deux jours conclu sur un échec. « Nous n’avons pas sacrifié la politique agricole commune et je l’ai dit très clairement : ce n’est pas la PAC qui peut payer pour le Brexit », a déclaré Emmanuel Macron à son départ du sommet, alors qu’il est attendu samedi au salon de l’agriculture de Paris.