Lyon : L’homme suspecté de l’incendie mortel de la route de Vienne est en détention en Tunisie

ENQUETE L’homme aurait mis le feu à la boulangerie à Lyon, provoquant une explosion dans laquelle une fillette et sa mère enceinte avaient péri

E.F.

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Lyon, le 10 février 2019. Une femme et sa petite fille sont mortes dans un incendie survenu route de Vienne samedi soir.
Lyon, le 10 février 2019. Une femme et sa petite fille sont mortes dans un incendie survenu route de Vienne samedi soir. — E. Frisullo / 20 Minutes

Les trois suspects de l'incendie mortel de la route de Vienne, à Lyon, sont désormais en détention. Un homme de 50 ans, suspecté d’avoir déclenché l’explosion dans laquelle une maman enceinte et sa fillette ont péri, le 9 février 2019 au soir, a été interpellé en Tunisie, son pays d’origine. Selon Le Progrès, son arrestation remonte au mois de juillet dernier, mais n’a été confirmée que ces derniers jours par le parquet de Lyon. L’homme, en fuite après l’incendie criminel, est actuellement en détention en Tunisie.

Le soir des faits, une explosion avait retenti route de Vienne dans une boulangerie située au rez-de-chaussée d’un immeuble. Le feu s’était répandu dans les étages de la bâtisse, prenant au piège un couple et son enfant. La fillette et sa maman, qui devait donner naissance à un petit garçon quelques semaines plus tard, étaient mortes dans l’incendie. Le père de famille, également piégé par les flammes, avait été grièvement blessé mais s’en était sorti après des mois d’hospitalisation.

Une arnaque à l’assurance

Rapidement, l’enquête s’était orientée vers la piste criminelle. Un suspect avait été identifié. Un mandat d’arrêt international avait été lancé pour retrouver ce Tunisien de 50 ans. Après avoir un temps pensé à un règlement de comptes, visant les propriétaires de la boulangerie, les policiers avaient finalement découvert que l’incendie avait été déclenché volontairement dans le cadre d’une arnaque à l’assurance.

Le 16 juillet dernier, les deux associés de l’entreprise gérant la boulangerie avaient été mis en examen pour « complicité de destruction par incendie ayant entraîné la mort » et « tentative d’escroquerie à l’assurance ». Ils sont, depuis, en détention provisoire. Ces derniers, qui nient avoir commandité l’incendie, auraient chargé le suspect de 50 ans de mettre le feu à leur commerce.

Selon Le Progrès, le quinquagénaire, interpellé en Tunisie quelques jours après les commanditaires présumés, aurait déversé un jerrican de kérosène volé dans la boulangerie et aurait provoqué une explosion en l’enflammant. L’incendie se serait alors rapidement propagé au reste de la bâtisse, ne laissant aucune chance à la mère de famille et à son enfant.