VIDEO. Affaire Cédric Chouviat : Que s’est-il passé lors de l’interpellation où ce livreur a trouvé la mort ?

ENQUÊTE Cédric Chouviat est décédé des suites d’un malaise cardiaque au cours d’une interpellation pour un délit routier

Caroline Politi

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Un policier. (Illustration)
Un policier. (Illustration) — Caroline Girardon
  • Cédric Chouviat est décédé dans la nuit de samedi à dimanche, moins de 48 heures après une interpellation mouvementée.
  • Une enquête pour recherche des causes de la mort a été ouverte par le parquet de Paris et confiée à l’IGPN.
  • Selon ses proches, une caméra de vidéosurveillance se trouvait à proximité des lieux du drame.

« L’urgence, aujourd’hui, est de récupérer le maximum d’éléments sur les circonstances de la mort de Cédric Chouviat, ensuite viendra le temps de la plainte. » Deux jours après la mort de ce chauffeur-livreur de 42 ans des suites d’un malaise cardiaque pendant une interpellation, l’avocat de ses proches, Me Arié Alimi, s’est lancé dans une course contre la montre : recueillir des témoignages sur les circonstances de cette arrestation.

« La famille de Cédric attend des réponses et pour l’instant, personne ne les lui donne. Ni le parquet, ni l’IGPN n’ont pris attache avec eux », poursuit le conseil. Une enquête en recherche des causes de la mort a, en effet, été ouverte vendredi et l’IGPN, l’Inspection générale de la police nationale, a été saisie pour tenter d’établir le déroulement des faits.

Le drame s’est noué peu après 10 heures du matin, vendredi 3 janvier, à l’angle de l’avenue de Suffren et du quai Branly, dans le très chic 15e arrondissement de Paris. A l’origine : un banal contrôle après que Cédric Chouviat a été repéré roulant portable à la main. Selon une source policière, l’homme qui travaillait en tant que chauffeur-livreur dans l’entreprise de son père, se serait d’emblée montré « agressif et irrespectueux » envers les fonctionnaires. Alors que ces derniers s’apprêtent à le laisser partir après l’avoir verbalisé, la tension serait montée d’un cran. « Il y a eu des insultes et il a été décidé de l’interpeller pour outrage », indique cette même source, qui précise que la victime est connue pour des faits d’outrage et de rébellion.

Des vidéos pour éclairer sur les circonstances du drame ?

Quelques secondes après l’avoir menotté, les forces de l’ordre s’aperçoivent que le chauffeur est « bleu » et entament un massage cardiaque en attendant l’arrivée des pompiers. Transporté en urgence absolue à l’hôpital Pompidou, il est décédé un peu moins de 48 heures plus tard. Si Cédric souffrait d’hypertension artérielle, ses proches assurent qu’il n’avait aucun problème cardiaque. « Son dossier médical laisse entendre que sa mort est liée à un manque d’oxygène pendant un long moment », assure Me Arié Alimi, qui avance l’hypothèse d’une clé de bras ou d’un plaquage ventral pour expliquer le décès de ce père de cinq enfants, âgés de 2 à 21 ans. Du côté de la police, on confirme que la victime a bien été « maîtrisée » après avoir résisté et « emmenée au sol » mais on affirme que la procédure a été respectée.

Les proches de la victime, ancien agent de joueur de football et demi-frère de l’international Marvin Martin, sont également dubitatifs sur l’agressivité dont aurait fait preuve Cédric Chouviat envers les fonctionnaires. « Tout le monde décrit un homme calme et courtois », assure le conseil. Selon nos informations, la tension lors de l’interpellation serait montée d’un cran lorsque la victime a sorti son portable pour filmer l’intervention. « La vidéo est sur son portable qui est toujours sous scellé », assure l’avocat. Il précise, en revanche, qu’une caméra de vidéosurveillance se trouve à proximité immédiate des lieux du drame. « La vidéo nous permettra de comprendre ce qu’il s’est passé », espère-t-il.