Bordeaux: Troisième braquage de supermarché en quelques jours

ENQUETE Un « serial-braqueur » de supermarchés pourrait sévir en ce moment dans la banlieue bordelaise

Mickaël Bosredon

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Cette supérette Carrefour City à Talence, a été braquée samedi 4 janvier 2020.
Cette supérette Carrefour City à Talence, a été braquée samedi 4 janvier 2020. — Google maps
  • Une supérette Carrefour City à Talence a été braquée samedi matin.
  • Deux autres établissements, à Pessac et Talence, ont aussi été visées de la même manière il y a quelques jours.
  • Chaque fois, un homme cagoulé et armé d'un fusil est reparti avec la caisse. Il est activement recherché par les policiers.

Après un Leclerc à Pessac et un Auchan à Talence, c'est cette fois-ci un Carrefour City, une nouvelle fois à Talence, qui a été braqué samedi. Un homme cagoulé et armé a fait irruption tôt samedi matin, vers 7h15, pour s'emparer de la caisse avant de s’enfuir, a indiqué dimanche le parquet de Bordeaux à 20 Minutes.

« Il a pénétré dans le magasin et menacé les gérants pour demander le contenu de la caisse et les fonds qu’ils pouvaient détenir. Il est reparti avec une somme assez modeste de 275 euros » précise le procureur-adjoint de Bordeaux Olivier Etienne.

Fusil à canons juxtaposés

Cette nouvelle affaire surgit après deux autres braquages commis samedi 28 décembre et mardi 31 décembre. Selon les premiers éléments relevés par les enquêteurs, il pourrait s’agir d’un seul et même individu qui aurait opéré les trois fois. « Il convient de rester prudent, avance le procureur adjoint, mais les descriptions correspondent : un braqueur solitaire qui utilise une arme d’épaule, à savoir un fusil à canons juxtaposés [type fusil de chasse], qui agit chaque fois le visage dissimulé, et avec un mode opératoire semblable. »

Les trois enseignes sont par ailleurs localisées sur des communes voisines du centre-ouest bordelais. Seule différence : l’auteur avait manifestement utilisé des véhicules volés, retrouvés peu après les faits, pour ses deux premiers coups.

Le butin du premier braquage s’était avéré un peu plus important, « entre 2.000 et 3.000 euros » selon le procureur adjoint, « mais le deuxième était aussi de quelques centaines d’euros, ce qui peut expliquer que le braqueur, se retrouvant à court d’argent, puisse avoir eu l’idée de réitérer. »

« Pas de violence gratuite »

Le parquet de Bordeaux demande toutefois aux commerçants de ne pas céder à la psychose. Et surtout de conserver son calme, si le suspect devait frapper une nouvelle fois. « Nous avons pour l’instant la chance d’avoir un braqueur qui reste relativement maître de ses nerfs, qui ne s’excite pas, qui ne donne pas de coups, ni aux commerçants ni aux clients des magasins dans lesquels il pénètre, précise Olivier Etienne. Il n’y a pas de violence gratuite, même si bien entendu le fait de venir braquer avec une arme reste en soi une violence non négligeable. C’est un acte passible de la cour d’assises, et l’auteur encourt vingt ans de réclusion criminelle. »

L’auteur des faits était toujours recherché ce dimanche. L’enquête a été confiée à la Direction interrégionale de la police judiciaire (DIPJ) de Bordeaux.