Corse : Deux villas d’un homme d’affaires proche d’Emmanuel Macron visées par un attentat

ENQUETE Edifiées sans permis dans un site protégé, ces deux villas de Pierre Ferraci, proche d’Emmanuel Macron mais également président du Paris FC (Ligue 2), sont au cœur d’un conflit judiciaire

20 Minutes avec AFP

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Le président du Paris FC, Pierre Ferracci, ici lors d'une conférence de presse le 8 janvier 2013.
Le président du Paris FC, Pierre Ferracci, ici lors d'une conférence de presse le 8 janvier 2013. — A. GELEBART / 20 MINUTES/SIPA

Deux villas en Corse de l’homme d’affaires Pierre Ferracci, au cœur d’un conflit judiciaire pour les avoir édifiées sans permis dans un site protégé, ont été la cible d’un « attentat » aux bouteilles de gaz, et l’une a été endommagée, a-t-on appris auprès du parquet d’ Ajaccio.

« Pour l’heure, il n’y a pas de revendication » à cet « attentat sur les villas Ferracci », a déclaré à l’AFP la procureure de la République adjointe d’Ajaccio, Françoise Mariaux, précisant qu’elle comptait se rendre sur les lieux, dans la baie de Rondinara (Corse-du-Sud). « Une partie de l’habitation a été dégradée mais il n’y a pas de blessés », a-t-elle ajouté, indiquant que les investigations étaient en attente de la sécurisation des lieux qui doit être effectuée par les démineurs.

Président du Paris Football Club

Au moins deux bonbonnes de gaz ont été déposées : « au moins une a explosé » et une autre a été retrouvée intacte, a précisé une source proche du dossier à l’AFP. L’une des villas, qui étaient inoccupées, a subi « des dégâts importants », a précisé une seconde source. Les gendarmes ont été alertés par un appel téléphonique. L’enquête a été confiée à la section de recherche de la gendarmerie.

Ces villas, construites par Pierre Ferracci, président du Paris Football Club et réputé proche du président de la République Emmanuel Macron, sont au cœur d’un conflit judiciaire : l’entrepreneur avait été condamné en appel, en juillet 2017, à un million d’euros d’amende pour leur construction sans permis de construire. Mais la Cour de cassation a annulé cette décision en mars 2019 et ordonné un nouveau procès.

La justice n’avait cependant pas ordonné la démolition de la piscine et des deux maisons, construites sur des espaces naturels remarquables de la plage de la Rondinara près de Bonifacio, au grand dam des associations de défense de l’environnement, dont U Levante, qui avait saisi la Cour de cassation.

Plusieurs rassemblements avaient eu lieu en Corse fin juillet et début août 2017 pour demander la démolition des villas et la remise en état du site.