Agression de pompiers : Une augmentation de 21 % des actes en 2018

STATISTIQUES Depuis une dizaine d’années, la hausse des agressions envers les pompiers et pompières est ininterrompue

20 Minutes avec AFP
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De nombreuses manifestations ont vu des pompiers défiler ces derniers jours.
De nombreuses manifestations ont vu des pompiers défiler ces derniers jours. — FREDERIC MUNSCH/SIPA

Les agressions contre les sapeurs-pompiers et sapeuses-pompières, qui alimentent le mécontentement de la profession depuis plusieurs années, ont augmenté de 21 % en 2018, relève une étude rendue publique mercredi. L’année dernière, 3.411 sapeurs-pompiers et sapeuses-pompières ont déclaré avoir été victimes d’une agression contre 2.813 en 2017, expose une note de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP).

En moyenne, cela représente 7 agents agressés pour 10.000 interventions ; un chiffre en hausse exponentielle par rapport à 2016 (5 pour 10.000) et 2017 (6 pour 10.000), constate l’ONDRP. L’Observatoire fait valoir que la hausse a été continue depuis dix ans : en 2008, seuls 899 soldats du feu avaient déclaré une agression.

Une meilleure remontée des informations ?

« L’augmentation du nombre de déclarations d’agressions peut être due à une augmentation des actes de violences, à une meilleure remontée des informations, à un abaissement du seuil d’acceptabilité des violences ou à une sensibilisation des autorités hiérarchiques sur la nécessité de mieux déclarer les faits », explique l’ONDRP.

Lors du 126e congrès des sapeurs-pompiers et sapeuses-pompières en septembre, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner s’était engagé « à tout faire » pour la sécurité des agents, avec une grande campagne de communication et l’expérimentation des « caméras-piétons ». Selon l’ONDRP, plus de la moitié des agents qui ont été agressés en 2018 étaient des professionnels (55 % du total) alors qu’ils représentent 17 % des effectifs.

C’est en Nouvelle-Aquitaine que le taux est le plus fort

A Marseille et dans l’agglomération parisienne, où les pompiers et pompières sont des militaires, l’augmentation est respectivement de +18 % et +48 %. C’est en Nouvelle-Aquitaine que le taux d’agression pour 10.000 interventions est le plus élevé (16) suivi par la Bourgogne-Franche-Comté (9). La région Pays-de-la-Loire se caractérise par une forte augmentation entre 2017 et 2018 (+146 %).

En France, sur les 3.411 pompiers et pompières ayant été agressés en 2018, 2.241 ont déposé plainte, soit 66 % d’entre eux. Les agressions ont donné lieu à 1.424 jours d’arrêt de travail. Avec 521 jours, la région Ile-de-France présente le nombre plus élevé. 450 véhicules des services d’incendies et de secours ont été endommagés en 2018, selon les données de l’ONDRP. L’ensemble des services départementaux, y compris de Paris et de Marseille, ont déposé 399 plaintes pour dégradations de biens en 2018, contre 326 en 2017, soit une hausse de 22 %.