Lille : L’arrestation musclée d’un étudiant en journalisme de l’ESJ fait polémique

MANIFESTATION L’Ecole supérieure de journalisme (ESJ) de Lille condamne l’arrestation de deux étudiants, lors des manifestations contre les retraites

Gilles Durand

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Manifestation contre la réforme des retraites du gouvernement, à Lille, le 12 septembre 2019.
Manifestation contre la réforme des retraites du gouvernement, à Lille, le 12 septembre 2019. — M.Libert / 20 Minutes
  • Une vidéo, publiée sur les réseaux sociaux, montre l’arrestation musclée de l’un des deux étudiants en journalisme.
  • L’ESJ dénonce ces interpellations, estimant que « la liberté de prendre des photos lors de manifestation est un droit ».

L’interpellation de deux étudiants pose question. Jeudi, lors de manifestations contre les retraites, deux étudiants de l’Ecole supérieure de journalisme (ESJ) de Lille ont été arrêtés par la police, dans la capitale des Flandres. L’une des arrestations a eu lieu place Richebé, vers 16 h 30. Elle est menée de manière assez musclée par les forces de l’ordre, comme le montre une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux.

L’autre a eu lieu devant le commissariat central de police de Lille, vers 19 h 30, où se tenait une manifestation pour réclamer la libération du premier interpellé.

« Des intimidations qui ne sont pas acceptables »

Ces deux interpellations ont fait réagir l’école de journalisme, dans la mesure où ces étudiants faisaient leur travail en filmant la manifestation. « Les éléments en notre possession nous amènent à penser qu’ils ont été interpellés pour avoir pris des photos de policiers en intervention. La liberté de prendre des photos lors de manifestation est un droit », souligne la direction de l’ESJ, dans un tweet.

L’école précise aussi condamner « avec fermeté », « les tentatives de restreindre ce droit par des intimidations ou des amendements législatifs [qui] ne sont pas acceptables ».

« Des enquêtes judiciaires sont en cours à l’égard des faits qui ont motivé chacune des interpellations réalisées ce jour. Il appartiendra au procureur de la République de Lille d’apprécier la suite qu’il souhaite y réserver », se contente de répondre, sur Twitter, la police nationale.

Contacté par 20 Minutes, le ministère public a confirmé que la garde à vue des deux étudiants avait été levée ce vendredi midi. « Le premier, interpelé en fin de manifestation, avait été placé en garde à vue du chef de violences sur personne dépositaire de l’autorité publique. L’enquête se poursuit sous la forme préliminaire », souligne le procureur de Lille.

Quand au second, sa garde à vue était le fruit de sa « participation à un attroupement après sommations de dispersion ». Il a fait l’objet d’un rappel à la loi.