Un collectif d’ultra-gauche appelle à attaquer les forces de l’ordre

VIOLENCES Ces menaces sont prises très au sérieux par les autorités qui appellent les policiers et gendarmes à la vigilance

Thibaut Chevillard

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Ce collectif appelle à mener des actions pour dénoncer ''les violences policières'' lors de ''nuits bleues''
Ce collectif appelle à mener des actions pour dénoncer ''les violences policières'' lors de ''nuits bleues'' — JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP
  • Un collectif, qui dénonce les « violences policières », appelle à s’en prendre aux forces de l’ordre les 13 et 14 décembre.
  • Des menaces prises très au sérieux par les autorités qui demandent aux policiers et gendarmes d’être vigilants.
  • Depuis plusieurs jours, les syndicats de police s’inquiètent de la multiplication des actes anti-flics.

La date n’a pas été choisie au hasard. Un mystérieux collectif d’ultra-gauche appelle à s’en prendre aux forces de l’ordre les 13 et 14 décembre, soit le 13/12 et le 14/12. Une référence au slogan anti-police ACAB, All cops are Bastards («tous les flics sont des salauds »), le chiffre 1 représentant la première lettre de l’alphabet, le 3 la troisième et le 2 la deuxième. Dans une note consultée par 20 Minutes, la direction générale de la police nationale, qui prend ces menaces très au sérieux, demande aux agents « une vigilance accrue ces jours-là en plus de la vigilance habituelle ».

Elle invite aussi les policiers, qui pourraient être visés par ce groupuscule « dans leurs missions et fonctions ou à titre privé », à se montrer « discret dans la vie de tous les jours » et à faire « remonter immédiatement toute situation de menace contre soi ou sa famille ». De son côté, la direction générale de la gendarmerie a également diffusé une note évoquant la menace et rappelant aux militaires les règles concernant la protection des casernes, tant sur l’organisation de patrouilles que d’accès aux lieux, indique à 20 Minutes une source proche du dossier.

Un collectif anonyme

Cet appel à s’en prendre aux forces de l’ordre a été diffusé la première fois sur Twitter par le compte @bleue1312, créé en novembre 2019. Il explique dans plusieurs messages publics que « les violences policières appellent une réponse à la hauteur » et dénonce en particulier l’action des forces de l’ordre lors de la manifestation du 5 décembre contre la réforme des retraites. « Cet appel émane d’un collectif anonyme, précise encore le compte Twitter. Les personnes à l’initiative se veulent antiracistes, anti sexistes, anti capitalistes et anti autoritaires. » Contacté par 20 Minutes,@bleue1312 n’a pas donné suite à nos sollicitations.

Depuis plusieurs jours, les syndicats de policiers s’inquiètent de la multiplication des actes anti-flics. Jeudi dernier, plusieurs policiers des CRS ont reçu, à leur domicile, des lettres anonymes menaçant leurs proches. « Pour chaque citoyen blessé, ce sera un membre de famille de FDO (forces de l’ordre) qui subira les mêmes préjudices et sans remords », écrivent leurs auteurs. Samedi, à Pontault-Combault, en Seine-et-Marne, un agent de la BAC parisienne a retrouvé la porte de son domicile taguée de slogans anti-police, parmi lesquels « Un flic suicidé, à moitié pardonné » ou « ACAB ».

Coktails Molotov à Bordeaux

Plus inquiétant. Lundi, 16 personnes, âgées de 19 à 45 ans, ont été mises en examen notamment pour association de malfaiteurs, a indiqué le parquet de Bordeaux dans un communiqué. La justice les soupçonne d’avoir préparé des actions contre les forces de l’ordre lors d’une manifestation. Ces militants de l’ultra-gauche avaient été arrêtés samedi, dans une maison louée au Bouscat, en Gironde, dans laquelle ont été découvertes « des bouteilles d’acide chlorhydrique, des mèches et des boules d’aluminium ». Des matériaux utilisés pour fabriquer des cocktails Molotov. Des inscriptions « ACAB » à la peinture fraîche avaient, là aussi, été découvertes à proximité.