La RATP ouvre une enquête après des insultes homophobes contre un chauffeur non-gréviste

HOMOPHOBIE Un chauffeur de bus non-gréviste a été pris à partie par des grévistes devant le dépôt de Vitry, dans le Val-de-Marne

20 Minutes avec AFP

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Un bus de la RATP. (illustration)
Un bus de la RATP. (illustration) — ROMUALD MEIGNEUX/SIPA

Une enquête a été ouverte après la diffusion sur Twitter d’une vidéo prise dans un dépôt de bus de la banlieue parisienne, qui montre des grévistes intimider un chauffeur non-gréviste en l’accablant d'insultes homophobes, a indiqué la RATP ce jeudi. Les faits se sont déroulés devant le dépôt de Vitry (Val-de-Marne), mardi vers 7h30, a précisé la compagnie.

Sur la vidéo postée mercredi – et supprimée depuis –, on voit un groupe de grévistes, dossard CGT et mégaphone en main, couvrir d’injures homophobes un conducteur de bus non-gréviste. Plusieurs personnes s’approchent ensuite du bus, puis le chauffeur baisse sa vitre et les insultes continuent, avant que des membres casqués des forces de l’ordre n’interviennent.

Condamnation unanime

« La RATP condamne extrêmement fermement les comportements inacceptables observés sur cette vidéo, en particulier les insultes et propos discriminatoires tenus. Nous apportons par ailleurs tout notre soutien au conducteur concerné », a indiqué la direction de la RATP. Dans un tweet, Valérie Pécresse s’est dite « scandalisée par cette ultra-violente prise à partie d’un conducteur, par des grévistes jusqu’au-boutistes, à coup d’insultes homophobes ». « Des sanctions exemplaires doivent être prises et des plaintes déposées ! », a ajouté la présidente de la région et d’Ile-de-France Mobilités, l’autorité régionale des transports.

Le syndicat a réagi jeudi : « C’est sans aucune ambiguïté que la CGT-RATP déplore et condamne les propos tenus et le comportement de certains agents mobilisés, dont certains portaient nos couleurs, devant un centre bus et dont la vidéo a été postée sur les réseaux sociaux », a-t-il écrit dans un communiqué. Qualifiant les faits de « débordement regrettable », le syndicat affirme que « jamais la CGT n’admettra que des propos homophobes servent à porter [ses] légitimes revendications ».