Toulouse : Les pièces détachées de motos volées dans la Ville rose étaient revendues au Ghana

ENQUETE Les policiers toulousains ont démantelé un vaste trafic de pièces détachées de motos entre la Ville rose et le Ghana qui a fait au moins une soixantaine de victimes

Béatrice Colin

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Les vols d'une  soixante de motos dans l'agglomération toulousaine a alimenté le trafic de pièces détachées.
Les vols d'une soixante de motos dans l'agglomération toulousaine a alimenté le trafic de pièces détachées. — RAPHAEL BLOCH / SIPA
  • Les policiers toulousains ont interpellé en milieu de semaine dernière plusieurs personnes soupçonnées d’être impliquées dans un vaste trafic de pièces détachées de motos. Cinq ont été mises en examen pour « recel de vols en bande organisée ».
  • Les motos, volées dans l’agglomération toulousaine, étaient envoyées par container maritime au Ghana sous forme de pièces détachées.
  • Une soixantaine de victimes de vols de motos ayant alimenté ce trafic ont été recensées à ce jour.

Le trafic était bien huilé, mais un caillou est venu enrayer la machine. Ou plutôt une dénonciation. En septembre, les policiers toulousains de la  brigade de répression des atteintes aux biens ont reçu une information sur un homme qui récupérait des motos volées pour ensuite les envoyer par container maritime vers le Ghana pour les revendre.

Les enquêteurs avaient en effet constaté depuis le mois de février une hausse de 46 % de ce type de vols, en particulier de grosses cylindrées garées dans des parkings en sous-sol et embarquées par les malfrats dans des véhicules utilitaires.

Une soixantaine de victimes

Les policiers ont donc décidé de suivre la piste et ont commencé à remonter la filière. Fin novembre, ils ont fait intervenir Europol et Interpol pour intercepter à Barcelone et en Afrique deux containers en provenance de la Ville rose. A l’intérieur, les enquêteurs y ont découvert pas moins de 25 motos et quatre voitures volées dans l’agglomération toulousaine.

Grâce aux recoupements, les principaux receleurs ainsi que le commanditaire ont été identifiés. Ils stockaient les motos volées dans un local de la zone de Baluffet près de Purpan puis celles-ci étaient ensuite démontées dans un autre local. Au total, près d’une soixantaine de motards auraient été victimes de ce trafic international de pièces détachées.

Cinq mises en examen

En milieu de semaine dernière, profitant de l’arrivée d’un nouveau container, les policiers ont décidé de mener un coup de filet. Lors de leur intervention, ils ont interpellé huit personnes. Sur place, ils ont trouvé au cours de leurs perquisitions sept motos, 26 cadres de deux-roues, des centaines de pièces détachées et 35.000 euros en liquide. Ils ont aussi saisi le compte d’un des interpellés sur lequel se trouvaient 20.000 euros.

Cinq des personnes placées en garde à vue ont été déférées devant la justice et ont été mises en examen pour "recel de vol en bande organisée". Trois d’entre elles ont été placées en détention provisoire et deux autres ont été laissées libres sous contrôle judiciaire.