Loiret : Deux mises en examen pour la mort d’une infirmière et de son patient

ENQUETE L’enquête avance vite dans l’affaire de ce double meurtre probablement crapuleux

20 Minutes avec AFP

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Un code pénal. (illustration)
Un code pénal. (illustration) — GUILLAUME SOUVANT / AFP

Un homme et sa sœur, âgés de 33 et 40 ans, ont été mis en examen pour « double meurtre en concomitance », après le meurtre d’une infirmière et de son patient aux mains amputées en octobre dans le Loiret, a annoncé vendredi le parquet d’Orléans. Les deux suspects nient, « se rejetant partiellement la responsabilité des faits », a précisé le procureur de la République d’Orléans, Nicolas Bessone, qui retient, de son côté, « un mobile crapuleux ».

Un troisième individu était toujours entendu par les deux juges d’instruction chargés du dossier vendredi soir, mais le rôle de ce forestier, âgé de 54 ans, reste à déterminer, selon le procureur. Les cinq autres personnes interpellées à Châlette-sur-Loing (Loiret) mercredi matin ont été relâchées sans poursuite.

L’ADN de la suspecte retrouvé à plusieurs endroits

Une infirmière libérale de 42 ans, mère de deux enfants, avait été retrouvée morte le 21 octobre, dans un champ en bordure de route à Pannes près de Montargis (Loiret), les mains liées par un câble téléphonique. Elle avait été frappée avec une arme blanche au thorax et au cou. Le corps du patient, un homme de 84 ans à qui l’infirmière avait l’habitude de prodiguer des soins tôt le matin, avait été retrouvé le même jour, les mains coupées, à son domicile de Châlette-sur-Loing, à environ deux kilomètres de l’endroit où le corps de la femme avait été retrouvé.

Les deux suspects expliquent être restés toute la nuit dans le pavillon de la sœur, à environ 200 mètres de la maison du retraité. Pourtant, l’ADN de la sœur a été retrouvé à deux reprises au domicile du retraité, puis sur le véhicule et les vêtements de la victime. Le portable de l’infirmière a par ailleurs borné au domicile de la suspecte.

800 euros retirés avec la carte de l’infirmière

Cette dernière connaissait bien le retraité, chez qui elle avait fait des ménages jusqu’en 2017. A cette période, la famille de l’homme de 84 ans avait entamé une procédure contre cette mère de sept enfants, l’accusant d’avoir encaissé des chèques d’une forte somme, a expliqué Nicolas Bessone.

Si l’enchaînement des faits reste encore flou à ce stade de la procédure, le frère, polytoxicomane, déjà condamné à douze reprises, notamment pour des affaires de stupéfiants, a été identifié faisant un retrait de 800 euros près de Montargis avec la carte bleue de l’infirmière. Le jour même, il a confié à des témoins disposer de 800 euros, a précisé Nicolas Bessone. Il est « établi » que l’infirmière était là au mauvais endroit au mauvais moment, a-t-il insisté.