Lyon : Une femme soupçonnée d'infanticide identifiée grâce à l'ADN de son demi-frère

INFO 20 MINUTES Le corps du nourrisson a été découvert flottant dans un sac plastique par un employé chargé de l'entretien des berges 

Caroline Politi

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Une femme soupçonnée d'infanticide a été identifiée grâce à l'ADN d'un proche. Illustration police.
Une femme soupçonnée d'infanticide a été identifiée grâce à l'ADN d'un proche. Illustration police. — Elisa Frisullo / 20 Minutes

Le sac flottait près d’une péniche, au milieu des branchages et des détritus. Le 10 juin 2019, le corps sans vie d’un nourrisson était repêché dans le 3e arrondissement de Lyon, par un employé chargé de la maintenance des berges. Il aura fallu près de cinq mois d’enquête et l’utilisation de techniques scientifiques de pointe pour parvenir à identifier une suspecte. Une femme, âgée de 25 ans, a été interpellée mardi par les enquêteurs de la brigade de protection de la famille de la sûreté lyonnaise. Elle a été présentée ce jeudi matin à un juge d’instruction en vue d’une éventuelle mise en examen.

« Cette enquête, ce fut un véritable travail de fourmi, résume le commissaire Jean-Daniel Dorent, adjoint au chef de la sûreté lyonnaise. Nous avons exploré de nombreuses pistes avant de parvenir à identifier cette femme. » Ni les 17 caméras de surveillance aux abords du quai où a été faite la macabre découverte, ni l’enquête de voisinage ne permettent de recueillir des éléments déterminants. Pas plus que les recherches au sein des hôpitaux ou des services de secours. Et si les enquêteurs disposent d’un profil ADN – des lingettes recouvertes de sang ont été retrouvées dans le sac plastique – il ne « matche » pas.

ADN de parentèle

Si l’ADN de la mère est inconnu, les enquêteurs tentent néanmoins de le faire parler. En dressant d’abord son portrait-robot génétique. « On apprend qu’il s’agit d’une femme métisse, à la peau foncée, aux yeux marron. Cela nous donne des indices mais trop peu pour nous mettre sur une piste », note le commissaire Dorent. L’institut national de la police scientifique tente ensuite de mettre en lumière des liens de parenté avec d’autres individus inscrits au fichier national des empreintes génétiques (FNAEG). Une correspondance partielle est trouvée avec un individu originaire de Guadeloupe mais résidant en Guyane.

Une enquête généalogique est immédiatement lancée : la sûreté départementale découvre que cet homme a une demi-sœur, âgée de 25 ans, née en Guadeloupe mais vivant à Lyon avec sa mère. « Lorsqu’on s’intéresse à cette femme, on s’aperçoit qu’elle a été enceinte au début du mois de septembre mais qu’elle n’a pas fait de déclaration de grossesse », précise le commissaire Dorent. Par ailleurs, sa ligne téléphonique borne en pleine nuit à proximité du lieu où a été découvert le nourrisson.

Des circonstances floues

Placée en garde à vue avec sa mère, la suspecte, dont l’ADN correspond à celui découvert dans le sac, a reconnu avoir jeté le sac contenant le cadavre de l’enfant. « Les circonstances de la mort de ce nourrisson sont encore floues, précise le commissaire. On sait qu’il n’est pas mort-né car l’autopsie a mis en évidence la présence d’air dans ses poumons mais on ignore précisément les causes de son décès. » En garde à vue, sa mère a été relativement évasive sur ce point. Si elle a reconnu que l’enfant respirait à sa naissance, elle a indiqué avoir compris qu’il était mort en le serrant contre elle. La mère de la suspecte, un temps placé en garde à vue, a été laissée libre.