Oise : Le prêtre tué était accusé d’agressions sexuelles, le suspect hospitalisé « sous contrainte »

FAIT DIVERS Le suspect, âgé de 19 ans, souffre « d’importants troubles mentaux », selon l’expertise psychiatrique

20 Minutes avec AFP

— 

Un véhicule de gendarmerie (illustration).
Un véhicule de gendarmerie (illustration). — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Le jeune homme soupçonné du meurtre d’un prêtre retrouvé mort lundi à son domicile d’une commune de l’Oise a été hospitalisé « sous contrainte » mardi, son attitude laissant « supposer d’importants problèmes mentaux », a annoncé le parquet de Beauvais. Parallèlement, le Courrier Picard a révélé que le prêtre avait été accusé d’agressions sexuelles sur mineurs par le passé mais les enquêteurs n’ont à ce stade pas établi de mobile.

Agé de 19 ans, ce suspect avait été interpellé lundi au volant du véhicule du prêtre Roger Matassoli par la gendarmerie de Beaumont-sur-Oise (Val d'Oise), puis placé en garde à vue pour des faits initialement de conduite sans permis et de rébellion, selon le communiqué du procureur de Beauvais Florent Boura. Le père du jeune homme, informé par les autorités que son fils conduisait le véhicule du prêtre de 90 ans, s’était alors rendu au domicile de ce dernier, à Ronquerolles, un hameau de la commune d’Agnetz, dans l’Oise. Ayant aperçu par la fenêtre du logement le corps sans vie de la victime, il avait alors alerté les gendarmes de Clermont (Oise).

Enquête pour homicide volontaire

Une enquête de flagrance pour homicide volontaire a ainsi été ouverte, et dans ce cadre la brigade de recherches de Clermont et de la section de recherches d’Amiens ont repris à leur compte la garde à vue du jeune homme. Mais « ils ne sont toutefois pas parvenus à entendre le mis en cause dont l’attitude laissait supposer d’importants problèmes mentaux », a précisé Florent Boura. « Un examen psychiatrique a effectivement conduit à devoir lever la garde à vue de l’intéressé dans la nuit vers 1 h pour procéder à son hospitalisation sous contrainte ».

L’autopsie réalisée mardi a conclu « à un décès par asphyxie et à la présence de traces de coups portés à l’abdomen, au crâne et au visage », a fait savoir le procureur. Des examens complémentaires doivent encore être menés pour préciser les causes du décès. L’enquête se poursuit également pour déterminer « l’éventuelle responsabilité du suspect », a souligné Florent Boura.

Un prêtre accusé d’agressions sexuelles sur mineurs

Dans la matinée mardi, Mgr Jacques Benoît-Gonnin, évêque de Beauvais, Noyon et Senlis, avait adressé un communiqué à la suite de la mort du père Matassoli. « Nous pensons à sa famille et prions pour lui », avait-il affirmé.

Dans la soirée, il a publié un nouveau communiqué, après que la presse locale eut « fait écho d’une plainte à l’encontre de l’abbé Roger Matassoli pour des comportements inappropriés sur mineur, commis il y a plusieurs dizaines d’années ». « Depuis 2009, l’abbé Matassoli n’a plus de charges paroissiales. Ayant entendu une victime, j’ai pris à l’encontre du P. Matassoli des mesures l’éloignant de l’exercice public du ministère », a-t-il ajouté. « Après le dépôt d’une plainte au civil, émanant d’une nouvelle victime, une procédure canonique a été engagée qui a permis d’entendre les victimes connues. Le P. Matassoli a été alors interdit de tout ministère, même privé », a-t-il poursuivi, en « demandant pardon » aux « victimes ».