Attaque à la préfecture de police de Paris : Deux juges d’instruction nommés

TERRORISME Les motivations de Mickaël Harpon sont encore floues

20 Minutes avec AFP

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Lors de l'attaque au couteau à la préfecture de police de Paris, le 3 octobre.
Lors de l'attaque au couteau à la préfecture de police de Paris, le 3 octobre. — Bastien Louvet/SIPA

Des juges antiterroristes ont été chargés lundi de poursuivre l’enquête sur l’attaque perpétrée début octobre à la préfecture de police de Paris, au cours de laquelle un employé de l’institution a tué quatre de ses collègues, a-t-on appris mercredi de source judiciaire. Les investigations, menées jusqu’alors sous la direction du parquet de Paris puis du parquet national antiterroriste, cherchent à éclaircir les motivations de cette attaque.

Elles n’ont pas permis d’établir à ce jour si son auteur, Mickaël Harpon, avait été pris d’un coup de folie solitaire sur fond d’une éventuelle radicalisation ou s’il avait bénéficié de complices ou d’inspirateurs proches de la sphère djihadiste. L’information judiciaire a été ouverte pour « assassinat et tentative d’assassinat sur personne dépositaire de l’autorité publique en relation avec une entreprise terroriste » ainsi que pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle », selon la source judiciaire.

Attaque non revendiquée

Le 3 octobre, Mickaël Harpon, un informaticien de 45 ans employé depuis 2003 à la préfecture de police, avait tué trois policiers et un agent administratif, mais aussi blessé un autre agent administratif, avant d’être tué. Converti à l’islam depuis une dizaine d’années, il fréquentait des membres de la mouvance salafiste. Aucun lien avec une organisation terroriste n’est toutefois apparu.

L’attaque, qui répond à un mot d’ordre récurrent de Daesh consistant à s’attaquer aux forces de l’ordre et aux représentants de l’Etat, n’a pas été revendiquée. Le groupe terroriste l’a toutefois mentionnée dans une de ses lettres hebdomadaires de propagande. Pour l’heure, six personnes appartenant à l’entourage du tueur ont été placées en garde à vue, dont sa femme, puis relâchées sans faire l’objet de poursuites.

Selon un rapport interne de son service après l’attaque, cet agent administratif, qui a acheté les couteaux utilisés lors de l’attaque le jour même, avait justifié en 2015 auprès de certains de ses collègues l’attentat de Charlie Hebdo sans faire l’objet d’un signalement « formel ».