« Gilets jaunes » à Bordeaux : Vidéos, témoignages… « Le Monde » revient sur un tir de LBD à la tête d’un manifestant

ENQUETE Il y aurait eu plusieurs manquements de la part des forces de l'ordre selon le quotidien 

Clément Carpentier

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Une intervention policière lors d'une manifestation de "gilets jaunes". Illustration
Une intervention policière lors d'une manifestation de "gilets jaunes". Illustration — SIPA
  • Le 12 janvier 2019, une charge policière lors de la manifestation des « Gilets jaunes » à Bordeaux faisait un blessé grave.
  • Selon « Le Monde », la victime aurait bien été visée par un tir de LBD à la tête et touché par une grenade de désencerclement.
  • Le quotidien a recueilli de nombreuses vidéos et témoignages au cours de son enquête.

Le Monde publie ce jeudi une enquête fouillée sur la charge policière du 12 janvier 2019 à Bordeaux où un homme a été gravement blessé en pleine manifestation des « Gilets jaunes ». Dans ce reportage vidéo, les journalistes Asia Balluffier et Antoine Schirer décortiquent la séquence durant laquelle Olivier Béziade, pompier volontaire, a été touché à la tête par un tir de lanceur de balle de défense (LBD).

Ce jour-là, il s’effondre rue de la maison de la Daurade à proximité de la rue Sainte-Catherine. Il sera plongé dans un coma artificiel plusieurs heures avant de se voir prescrire 90 jours d’incapacité temporaire de travail. Aujourd’hui, il souffre toujours d’hémiplégie selon le quotidien national.

Trois manquements relevés

Le Monde affirme « grâce à l’analyse de centaines d’images, la modélisation 3D des lieux et une quinzaine d’interviews » que les forces de l’ordre n’auraient pas respecté trois règles : l’interdiction de tir de LBD 40 à la tête, le jet d’une grenade de désencerclement en cloche (elles doivent être lancées au sol) et la non-assistance à personne en danger pour les policiers.

Toujours dans l’incapacité de reprendre le travail, Olivier Béziade s’apprête à déposer une nouvelle plainte contre deux policiers identifiés, rapporte Sud Ouest. En février, il avait déposé une première plainte pour violence volontaire, contre X.

L’enquête de l’IGPN se poursuit

De leur côté, les autorités ne souhaitent pas réagir à la parution de ce reportage : « Pas de commentaire. Le préfet avait saisi l’IGPN [Inspection générale de la Police Nationale] à l’époque pour faire toute la lumière sur les faits. L’enquête se poursuit », glisse simplement à 20 Minutes la préfecture de la Gironde. Même son de cloche pour Bruno Vincendon, secrétaire adjoint Alternative Police CFDT Nouvelle-Aquitaine : « Sur ce dossier, l’enquête est en cours. Nous ne souhaitons donc pas réagir pour l’instant. »