Affaire Xavier Dupont de Ligonnès : Chez les voisins de la « maison de l’horreur », la « surprise » se mêle aux « doutes »

REPORTAGE Dans le quartier nantais où vivait Xavier Dupont de Ligonnès et sa famille, c'est le choc depuis vendredi soir

Julie Urbach

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Un riverain interrogé par des journalistes devant l'ancienne maison de la famille Dupont de Ligonnès à Nantes.
Un riverain interrogé par des journalistes devant l'ancienne maison de la famille Dupont de Ligonnès à Nantes. — S.Salom-Gomis/AFP
  • Un homme avec les empreintes digitales de Xavier Dupont de Ligonnès a été arrêté ce vendredi soir à l’aéroport de Glasgow, en Ecosse. 
  • Xavier Dupont de Ligonnès est le principal suspect dans l'affaire de la mort de son épouse et de ses quatre enfants, en avril 2011.
  • Les riverains de la maison nantaise sont choqués par les derniers rebondissements.

Devant le numéro 55 du boulevard Schuman à Nantes, les questions se mêlent à la confusion chez les rares passants sortis faire quelques courses ce samedi matin. Vendredi soir, un homme qui pourrait être Xavier Dupont de Ligonnès a été arrêté à l’aéroport de Glasgow, en Ecosse. Celui qui était leur voisin dans ce quartier paisible de Nantes avant d’être soupçonné d'un quintuple meurtre, puis de disparaître dans la nature, serait donc encore vivant, et désormais aux mains des enquêteurs. Une hypothèse qui crée la surprise, même si la majorité des voisins appellent « à ne pas s’emballer ».

« Je suis choquée, franchement je pensais qu’il était décédé, hallucine Jeanne, 21 ans. Après huit en de cavale, ça paraît incroyable, il faut énormément de moyens pour réussir à faire ça sans se faire repérer. » A l’arrêt de bus, devant les volets fermés de « la maison de l’horreur », plusieurs riverains confient s’être imaginés différents scénarios, au fil du temps et des nombreuses fausses pistes. Mais vivant, et pas loin de la France, rares sont ceux qui y croyaient.

« Ça fait bizarre »

« Moi je le pensais dans un autre pays, l’Amérique ou l’Afrique du Sud, confie Marie-Laurence, qui tient le pressing du coin de la rue depuis 20 ans. Ça fait tout bizarre de se dire qu’il a été chopé. En plus je connaissais sa femme, qui venait régulièrement me déposer des choses. Je me souviens encore de l’ambiance quand on a compris tout ce qui s’était déroulé ici, en avril 2011. Les bâches noires, les fleurs… C’était affreux. »

D’autres passants ne cachent pas leurs doutes alors que l’identification de l’homme arrêté vendredi soir est toujours en cours. Daniel, 73 ans, fait partie des rares habitants à bien vouloir s’exprimer devant les caméras et micros tendus par les journalistes venus nombreux. « Moi je dis qu’il ne faut pas s’emballer, lance cet homme. J’attends de savoir si c’est réellement lui. Si c’est le cas, il faut qu’il soit jugé, même s’il n’y aura pas de peine assez forte pour tout ce qu’il a fait. Cette affaire interroge sur l’humanité, qui est capable du meilleur comme du pire ».

« Ce n’est pas possible »

Pierre, lui, est carrément venu exprès avec son fils devant l’ancien domicile des Ligonnès, « par curiosité », dit-il. « J’ai appris ça hier à la télé, explique le quinquagénaire. Mais de plus en plus, je me demande : qui est vraiment ce Monsieur qui a été arrêté ? Il paraît que des gens en banlieue parisienne le connaissent depuis 30 ans ! Donc ce n’est pas possible. Il y a trop d’interrogations. »

Dans le quartier, tous espèrent en tout cas « tourner la page », même si « on parle de moins en moins de cette histoire, et tant mieux », lance une dame qui promène son chien. « Cette histoire est un vrai mystère, confie Manon, qui a emménagé il y a trois mois au numéro 63. Il y a quelque chose d’excitant mais aussi une forme de soulagement car si c’est lui, on se dit que c’est peut-être la fin de l’histoire dont on va enfin avoir les détails. »

20 secondes de contexte

Vendredi 11 octobre dans la soirée, la police écossaise a annoncé avoir arrêté Xavier Dupont de Ligonnès à l’aéroport de Glasgow (Ecosse). 20 Minutes s’est fait confirmer cette information auprès de sources policières françaises. Samedi, à 13 heures, des tests ADN pratiqués par des experts de la justice française sur l’homme arrêté à Glasgow ont démontré qu’il ne s’agissait pas de Xavier Dupont de Ligonnès, en cavale depuis huit ans.

Depuis vendredi soir et l’annonce de cette arrestation, 20 Minutes est resté prudent et a vérifié chacune des nouvelles informations publiées.