VIDEO. Attaque à la préfecture de police de Paris : Questions autour d'une mystérieuse clé USB

ENQUETE Les enquêteurs ont découvert en perquisitionnant le bureau de Mickaël Harpon une clé USB contenant notamment les noms de plusieurs policiers

Thibaut Chevillard

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La clé USB a été retrouvée dans le bureau de Mickaël Harpon
La clé USB a été retrouvée dans le bureau de Mickaël Harpon — BREGAND CELINE/SIPA
  • Mickaël Harpon a tué quatre fonctionnaires au sein de la préfecture et blessé grièvement une cinquième.
  • Trois services d’enquête spécialisés sont chargés d’enquêter sur l’attaque au sein de la préfecture de police de Paris.
  • Les enquêteurs ont retrouvé une clé USB contenant les noms de plusieurs policiers dans son bureau.

Depuis 24 heures, nombreux sont les policiers à s’inquiéter. Lors de la perquisition du bureau de Mickaël Harpon, au 1er étage de la préfecture de police de Paris, les enquêteurs ont mis la main sur une mystérieuse clé USB. Des dizaines de gigaoctets de données auxquelles avait accès cet informaticien malentendant qui a tué quatre de ses collègues avec un couteau jeudi. Que contenait-elle ? Et que comptait-il en faire ? La question se pose au regard des éléments rassemblés durant l’enquête et qui attestent désormais de la dimension terroriste de l’attaque.

Plusieurs services au sein de la police judiciaire parisienne sont à pied d’œuvre pour analyser le matériel informatique saisi lors des perquisitions de son bureau et de son domicile à Gonesse (Val-d’Oise) et l’exploiter. En poste à la direction du renseignement de la préfecture de police depuis 2003, cet agent administratif de 45 ans avait fatalement accès à des données sensibles. Tellement sensibles qu’il avait été habilité au niveau secret-défense dès son arrivée dans le service. Selon nos informations, les enquêteurs ont déjà retrouvé plusieurs noms de policiers dans cette clé USB.

Des anciens de la DRPP inquiets

« Ça ne veut pas dire qu’il avait collecté ces informations pour s’en servir ou les transmettre », souligne une source proche du dossier. « C’était un informaticien, quand il faisait de la maintenance, il pouvait faire des copies du contenu des ordinateurs. » En outre, la DRPP est l’un des services à la pointe de la lutte contre le terrorisme. Les enquêteurs qui y travaillent sont amenés à collecter des photos ou des vidéos de propagande de Daesh. Ce qui pourrait expliquer qu’on en découvre sur cette clé. L’enquête permettra de déterminer si elles sont liées ou non à son activité professionnelle.

Mais déjà, l’inquiétude grandit dans les rangs policiers, très marqués par l'attentat de Magnanville et l’assassinat de Jean-Baptiste Salvaing et de Jessica Schneider à leur domicile en 2016. « Certains anciens de la DRPP ont même joint la direction de la police judiciaire car ils sont soucieux après les informations dévoilées par la presse », confie une source bien informée. D’autant que l'enquête confiée à la brigade criminelle de la police judiciaire parisienne, à la sous-direction antiterroriste de la direction centrale de la police judiciaire et à la DGSI, se poursuit justement afin de déterminer si Mickaël Harpon a pu être aidé dans son projet mortifère. Ou s’il a pu être incité à passer à l’acte.