Grenoble : L’incendie de la mairie était en réalité d’origine criminelle

ENQUETE Les analyses effectuées par la police scientifique ont révélé des traces de supercarburant

Caroline Girardon

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Des camions de pompiers. (illustration)
Des camions de pompiers. (illustration) — FRED SCHEIBER/SIPA

L’incendie qui a touché la mairie de Grenoble était d’origine criminelle, apprend-on lundi soir auprès du procureur de la République. Le feu s’était déclaré dans la nuit du 29 au 30 septembre, ravageant ainsi totalement la salle du conseil municipal et dégradant plusieurs bureaux situés à l’étage. Le jour des faits, une enquête avait été ouverte mais la piste accidentelle était privilégiée, aucune trace d’effraction n’ayant été observée sur le site.

Mais dans son rapport remis ce lundi au parquet de Grenoble, se fondant sur l’analyse d’un prélèvement effectué sur les lieux, le laboratoire de police scientifique de Lyon a révélé « la présence de supercarburant ».

Deux scénarios possibles

Selon les enquêteurs, deux hypothèses sont possibles quant au déversement du produit : l’incendiaire serait parvenu à entrer dans la salle et à déverser du supercarburant à l’intérieur, au sol, devant l’entrée centrale. Le feu aurait ensuite gagné le mobilier présent, à savoir des chaises rembourrées et des boiseries du mur. Soit le suspect a déversé le produit « à l’intérieur du sas central, entre les deux portes et au sol » et l’aurait enflammé « sans entrer » dans la pièce.

« Un déversement de l’extérieur du sas central avec les deux portes fermées est exclu », précisent les policiers scientifiques dans leur rapport. Et d’ajouter : « Dans les deux cas, les fils électriques se trouvant dans cette zone n’en sont pas la cause ».

Un foyer secondaire d’incendie a également été repéré sur la droite de la pièce mais aucune trace de carburant n’a été détectée à cet endroit, indique Eric Vaillant, le procureur de la République de Grenoble, qui a requalifié l’enquête, menée désormais pour « destruction volontaire par incendie ». Une infraction passible de dix ans de prison.