Attaque à la prison de Condé-sur-Sarthe: Une femme mise en examen pour complicité et écrouée

ENQUETE Cette femme de 38 ans avait été placée en garde à vue mardi matin sur ordre d'un juge antiterroriste parisien

20 Minutes avec AFP

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Le Centre Pénitentiaire d'Alençon-Condé-sur-Sarthe.
Le Centre Pénitentiaire d'Alençon-Condé-sur-Sarthe. — SICCOLI PATRICK/SIPA

La compagne d’un codétenu de Michaël Chiolo, l'auteur présumé de l'attaque djihadiste au couteau en mars à la prison de Condé-sur-Sarthe(Orne), a été mise en examen vendredi soir pour complicité et placée en détention provisoire, a appris l’AFP de source judiciaire.

Cette femme de 38 ans, dont le compagnon est déjà poursuivi dans cette enquête, avait été placée en garde à vue mardi matin sur ordre d’un juge antiterroriste parisien. Quatre autres femmes interpellées au même moment ont été remises en liberté jeudi et vendredi, sans poursuite à ce stade, a précisé cette source. Agées de 18 à 39 ans, ces femmes avaient été interpellées dans les Alpes-Maritimes, les Bouches-du-Rhône, les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Loiret, par les enquêteurs de la Sous-direction antiterroriste (Sdat).

Quatre jours de garde à vue

Au terme de quatre jours de garde à vue, la suspecte de 38 ans est désormais mise en examen pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle » et « complicité de tentative d’assassinats sur personnes dépositaires de l’autorité publique », tout comme son compagnon et Michaël Chiolo. Ces interpellations visaient « des compagnes de codétenus de Michaël Chiolo », auteur présumé de l’attaque au couteau survenue le 5 mars dans l’enceinte de la prison de Condé-sur-Sarthe, avait précisé mardi une source proche du dossier.

Deux surveillants avaient été gravement blessés dans cette attaque, menée à l’aide de deux couteaux en céramique par Michaël Chiolo, un détenu de 27 ans qui s’était radicalisé en prison. L’intervention du Raid avait abouti à l’interpellation de Michaël Chiolo, qui purgeait une peine de 30 ans de réclusion pour un crime de droit commun, et à la mort de sa compagne, retranchée avec lui pendant près de dix heures dans l’unité de vie familiale de la prison.

« Venger » Chérif Chekatt

Selon le procureur de Paris, peu après les faits, Michaël Chiolo a affirmé, au moment de blesser grièvement les deux surveillants, vouloir « venger » Chérif Chekatt, l’auteur de l’attaque djihadiste du marché de Noël de Strasbourg. Ce dernier avait été abattu le 13 décembre par les forces de l’ordre après avoir tué cinq personnes.

Six personnes au total sont mises en examen dans cette enquête, dont trois autres anciens détenus de Condé-sur-Sarthe. Parmi eux figure Jérémy Bailly, membre de la filière djihadiste de Cannes-Torcy, condamné en juin 2017 à 28 ans de réclusion criminelle pour un attentat à la grenade à Sarcelles en 2012, des projets d’attaque et des séjours en Syrie.

L’attaque à la prison de Condé-sur-Sarthe, qui accueille des détenus particulièrement dangereux, radicalisés ou posant des problèmes de discipline, avait entraîné le blocage de plusieurs établissements pénitentiaires en France.