Accident à Millas : « Ce que veulent les familles, c’est la vérité », confie leur avocate

ENQUETE Jehanne Collard, qui demande une nouvelle expertise sur le médicament pris par la conductrice, a répondu aux questions de « 20 Minutes »

Propos recueillis par Nicolas Bonzom

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Une collision entre un autocar scolaire et un train à Millas a fait six morts, le 14 décembre 2017.
Une collision entre un autocar scolaire et un train à Millas a fait six morts, le 14 décembre 2017. — SIPA

Le 14 décembre 2017, un bus transportant des collégiens rentrait en collision avec un train TER, sur un passage à niveau, à Millas, dans les Pyrénées-Orientales. Six enfants sont morts. Depuis, de longues investigations sont en cours pour tenter de comprendre comment ce bus scolaire a pu s’engager sur les voies. Jehanne Collard, qui défend trois familles de victimes, s’offusque du déroulement de l’instruction, menée au tribunal de Marseille. L’avocate a répondu aux questions de 20 Minutes.

Quelles difficultés rencontrez-vous dans cette instruction ?

Une femme [la conductrice du bus] a poussé des barrières et tué six enfants, il faut quand même que les familles des victimes sachent pourquoi cet accident est arrivé. Elle était sous médicament, et le laboratoire lui-même, interrogé par le magistrat à l’époque, reconnaissait que l’on ne peut pas le prendre sur le long terme. Or, cela faisait deux ans qu’elle le prenait. Et si on le prend sur le long terme, cela a des effets secondaires, comme des absences. Un médecin a prescrit ce médicament pendant deux ans. Le juge d’instruction confie à un ORL et un ophtalmo la charge de nous dire si ce médicament a des effets secondaires. Ce n’est pas sérieux !

Vous avez demandé une expertise complémentaire.

Nous avons demandé une expertise en pharmacologie, avec des médecins spécialisés et compétents. Le juge d’instruction vient de nous la refuser. Nous irons vers la Cour d’appel, qui, j’espère, nous l’accordera. Sinon ce procès aboutira à un déni de justice.

Dans quel état d’esprit sont les familles que vous défendez ?

Les trois familles des victimes que je représente sont absolument désespérées de tout ça. Ce qu’elles veulent, ce n’est pas obligatoirement une sanction, mais la vérité.